Kinshasa, 9 avril 2026- À Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, la situation devient critique à la prison centrale. Le stock de nourriture est quasiment épuisé, mettant en péril la survie de près de 1 400 détenus.
Selon le directeur de l’établissement, Junior Okondji, les réserves actuelles se limitent à quelques sacs de haricots, de farine de maïs et un maigre stock de bois de chauffage. “Dans trois jours, tout sera terminé”, alerte-t-il, décrivant une situation “catastrophique” qui laisse présager une rupture totale d’approvisionnement.
Cette crise s’inscrit dans un contexte de défaillance prolongée de la prise en charge étatique. D’après le responsable pénitentiaire, cela fait désormais quatre trimestres que la prison ne reçoit plus de vivres de la part des autorités. Une absence de soutien qui contraint les détenus à survivre essentiellement grâce à la solidarité extérieure, notamment les dons de particuliers.
La visite récente du ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a été perçue comme une opportunité pour tirer la sonnette d’alarme. Face à lui, le directeur de la prison a lancé un appel pressant pour une intervention urgente, sollicitant son implication directe auprès de la hiérarchie afin de débloquer des solutions rapides.
Au-delà de l’urgence alimentaire, cette situation met en lumière les difficultés structurelles du système carcéral congolais, régulièrement confronté à la surpopulation, au manque de moyens et à l’insuffisance de l’encadrement. À Kisangani, comme dans plusieurs autres prisons du pays, la question de la dignité des détenus se pose avec acuité.
Si aucune mesure immédiate n’est prise, la prison centrale de Kisangani pourrait faire face à une crise humanitaire interne dans les tout prochains jours, avec des conséquences potentiellement graves sur la santé et la sécurité des pensionnaires.

