Kinshasa, 22 avril 2026- Des fonds destinés à la réhabilitation du jardin zoologique et botanique de Kisangani font l’objet d’une enquête judiciaire après la découverte d’un écart de 3,3 millions de dollars américains.
Le ministère de la Justice a annoncé avoir saisi le Procureur général près la Cour de cassation afin d’ouvrir des investigations sur des faits présumés de détournement de deniers publics, de corruption et d’infractions connexes.
Selon le communiqué officiel, le projet concerné résulte d’un contrat entre le Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO) et l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), chargé de la réhabilitation du zoo de Kisangani.
Les données disponibles révèlent un important écart financier : le projet, initialement évalué à 700 000 USD, a donné lieu à des décaissements atteignant 4 millions USD, soit une différence non justifiée de 3,3 millions USD.
“Les éléments d’information disponibles font apparaître un écart significatif et non justifié (…) ainsi qu’une discordance manifeste entre le niveau d’exécution des travaux et les montants engagés”, indique le ministère.
Le communiqué mentionne également “de graves insuffisances en matière de contrôle, de traçabilité documentaire et de supervision technique”.
Face à ces constats, les autorités judiciaires estiment que “ces éléments justifient la mise en œuvre de l’action publique et la conduite d’investigations appropriées”, tout en rappelant le respect de la présomption d’innocence.
Le ministère souligne enfin que la procédure sera menée “dans le respect de l’indépendance des juridictions (…) et des droits de la défense”.
Cette affaire relance la question de la gestion des fonds publics en RDC, dans un contexte où les autorités affirment faire de la lutte contre la corruption une priorité.

