Kinshasa, 22 avril 2026- Les interprétations autour de la présence annoncée du Directeur général de la Société nationale d’électricité, Teddy Lwamba Muba, devant la juridiction saisie du dossier FRIVAO continuent d’alimenter le débat public. Pourtant, sur le plan strictement juridique, aucun élément ne permet d’établir une quelconque poursuite à son encontre à ce stade de la procédure.
Interrogé sur la question, Willy Wenga Ilombe, praticien du droit, invite à distinguer clairement les différents statuts reconnus devant les juridictions. Il souligne qu’une personne appelée à comparaître le fait toujours dans un cadre précis, déterminé à l’avance par la Cour.
Dans le cas d’espèce, il s’agit d’une audition à titre de renseignant, une qualité qui ne saurait être assimilée à celle de prévenu. Ce type d’intervention vise essentiellement à fournir des éclairages utiles à la compréhension des faits examinés, sans implication directe dans les infractions poursuivies.
Cette précision intervient alors que le dossier FRIVAO n’a pas encore franchi l’étape de l’examen au fond. La juridiction s’emploie pour l’heure à organiser les débats en identifiant les différents intervenants et en précisant leur rôle respectif dans la procédure.
Pour Teddy Lwamba Muba, cette convocation trouve son origine dans ses anciennes responsabilités publiques, notamment à la tête du ministère des Ressources hydrauliques. À ce titre, il est susceptible d’apporter des informations d’ordre administratif sur certaines interactions institutionnelles liées au dossier.
Selon les explications fournies, il ne s’agit nullement d’une audition à charge, mais d’une démarche visant à compléter les éléments déjà recueillis par la justice.
D’ailleurs, l’actuel dirigeant de la Société nationale d’électricité avait déjà été entendu en amont par le Parquet général près la Cour de cassation. Les éléments versés à cette occasion avaient contribué à l’évolution du dossier, sans pour autant justifier une mise en cause.
L’organisation même de la SNEL apporte un éclairage supplémentaire. Entre tutelle administrative assurée par le ministère du Portefeuille et encadrement technique relevant des Ressources hydrauliques, les responsabilités y sont clairement segmentées. Le ministre sectoriel n’intervient pas dans la gestion financière de l’entreprise, un point souvent mal interprété dans l’espace public.
Dans ce contexte, plusieurs observateurs du droit appellent à la prudence face aux lectures hâtives. La qualification des personnes appelées à comparaître relève exclusivement de la juridiction compétente, sur la base des éléments du dossier.
À ce stade, aucune évolution procédurale ne permet de considérer Teddy Lwamba Muba comme un acteur poursuivi. Sa comparution s’inscrit dans une logique d’éclairage technique, destinée à appuyer la manifestation de la vérité judiciaire.
La rédaction

