Kinshasa, 23 Avril 2026- Une vague de réactions a envahi les réseaux sociaux après la publication d’un ordre de mission montrant le président du conseil supérieur de la magistrature (CSM) Dieudonné Kamuleta ainsi que le secrétaire permanent de la CSM accompagnés le de leurs épouses et aussi de leurs enfants lors d’une mission officielle dans la province de Lualaba. Une situation qui a suscité incompréhension et critiques au sein de l’opinion publique.
Face à cette controverse, l’avocat et juriste Maître Willy Wenga invite à éviter les jugements précipités et à replacer le débat dans son cadre légal et institutionnel.
“Je n’ai pas à entrer dans les polémiques. Tous les citoyens sont libres de s’exprimer, mais il est essentiel de comprendre comment fonctionne l’État”, a-t-il déclaré.
Selon lui, la clé de lecture réside dans le respect du principe fondamental de la séparation des pouvoirs.
“Notre pays, comme tout État civilisé, fonctionne avec le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire”, rappelle-t-il, insistant sur le fait que ce dernier est une institution organisée, encadrée par la Constitution et les lois en vigueur.
Maître Willy Wenga souligne que certaines critiques reposent sur une méconnaissance des textes. Il rappelle notamment que les membres des cabinets du président de la cour constitutionnelle sont désignés officiellement et publiés au Journal officiel depuis plusieurs années.
“On peut y trouver des personnes portant les mêmes noms que certaines autorités, mais ce sont avant tout des citoyens au service de l’État”, précise-t-il.
Concernant les missions officielles, le juriste évoque le statut particulier des hauts responsables judiciaires, considérés comme des corps constitués de la République. À ce titre, ils bénéficient de droits et de prérogatives spécifiques.
“Le Président du Conseil supérieur de la magistrature, par exemple, peut légalement effectuer certains déplacements accompagné de son épouse”, explique-t-il.
Il ajoute que cette disposition s’étend à d’autres hauts magistrats, notamment le Premier président de la Cour de cassation, le Procureur général ou encore les responsables des juridictions militaires.
“La loi prévoit que, pour certains voyages officiels, ces autorités peuvent être accompagnées de leurs épouses. Cela ne constitue pas une irrégularité”, insiste-t-il.
De même, Maître Villalonga indiqué que pour ces voyages, les charges financières sont entièrement prises par le Trésor public.
En définitive, l’avocat appelle à une lecture plus rigoureuse des faits et des textes.
Dans un contexte où les réseaux sociaux amplifient rapidement les polémiques, cette mise au point rappelle l’importance d’une meilleure compréhension des institutions pour nourrir un débat public apaisé.
La rédaction

