Kinshasa, 25 avril 2026- Les députés nationaux à l’origine de la motion de défiance visant le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et Sécurité, Jacquemin Shabani, haussent le ton. Pour eux, une seule issue est acceptable : le vote en plénière, sans détour ni manœuvres procédurales.
C’est la position ferme exprimée notamment par Vincent Andulu, élu de la circonscription de Bumba. Celui-ci dénonce des tentatives de blocage au sein de la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale.
“Il y a une manœuvre dilatoire. Selon un membre de la Conférence des présidents, Mechack Mandefu, la motion serait simplement inscrite à l’ordre du jour lundi. On inviterait d’abord l’initiateur, le député Laddy Yangotikala, à présenter sa motion, puis la plénière examinerait son bien-fondé avant, éventuellement, de programmer une autre séance pour le vote”, a-t-il expliqué.
Une démarche que Vincent Andulu rejette catégoriquement, la jugeant contraire au règlement intérieur. Selon lui, celui-ci prévoit une seule plénière, devant se conclure directement par un vote sur le maintien ou le départ du membre du gouvernement concerné.
“Ça ne passera pas. Le VPM de l’Intérieur doit se présenter en personne lundi. S’il y a des failles, c’est à lui de les soulever en plénière. Ensuite, la plénière, souveraine, tranchera par un vote. Il n’y a que le vote qui peut soit sauver, soit faire partir le VPM de l’Intérieur”, a-t-il martelé.
L’élu de Bumba accuse en outre le bureau de l’Assemblée nationale de multiples violations du règlement intérieur, évoquant plus de sept entorses depuis le dépôt de la motion. Il rappelle que celle-ci aurait dû être examinée dans un délai de 48 heures.
“Cela fait déjà dix jours que la motion a été déposée. Pourtant, l’article 235 du règlement intérieur est clair : 48 heures après le dépôt, la motion doit être examinée en plénière”, a-t-il insisté.
Cette motion de défiance a été finalement inscrite pour la plénière du lundi 27 avril après des tensions observées sur la scène politique avec notamment le retrait de certaines signatures, la démission de l’initiateur de la motion de son poste de président a.i du parti ainsi que sa suspension au sein de son regroupement politique.
Sur le fond, deux principaux griefs sont formulés contre le vice-Premier ministre : l’insécurité persistante à travers les grandes villes et plusieurs territoires du pays, ainsi que ce que les initiateurs qualifient de “protection” accordée à certains gouverneurs de province.
Cédric BEYA

