Mambasa, 4 mai 2026- La situation sécuritaire continue de se détériorer dans plusieurs territoires de la province de l’Ituri, notamment à Mambasa et dans certaines zones du territoire voisin d’Irumu. Des sources politiques, communautaires et issues de la société civile convergent pour dénoncer la persistance des exactions attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), malgré les opérations militaires en cours.
Dans une déclaration rendue publique vendredi 1er mai 2026, le député national Jefferson Abdallah Pene Mbaka a alerté sur la gravité de la situation dans son fief électoral. Selon lui, les éléments ADF continuent de circuler librement et d’imposer leur loi dans plusieurs entités, notamment dans la chefferie de Babila Bakwanza. Leur présence est également signalée dans les chefferies des Bandaka et de Bombo.
L’élu évoque une situation particulièrement critique dans certaines zones, notamment dans la chefferie des Walese Dese, largement désertée par la population en raison de l’insécurité. La chefferie des Walese Karo reste, elle aussi, instable, marquée par une insécurité persistante.
Face à ce tableau alarmant, Jefferson Abdallah Pene Mbaka appelle la population à une mobilisation accrue derrière les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), afin de renforcer la pression pour une meilleure protection des civils et une intensification des opérations militaires.
Sur le terrain, plusieurs alertes corroborent cette dégradation. Selon un rapport de l’Association pour la défense des droits des populations locales (APDEF/Mambasa), des éléments ADF ont été aperçus le vendredi 1er mai dans plusieurs localités de la chefferie de Babila Bakwanza, notamment à Lisoma, Mikingi, Canana, Mapendo et aux alentours de l’ETA Crédit.
Ces assaillants auraient passé la journée dans un champ appartenant à un habitant, où ils auraient circulé librement avant de procéder à l’enlèvement de plusieurs cultivateurs, dont le nombre exact reste inconnu. La même source indique également que certaines positions militaires, notamment à Mikingi, auraient été abandonnées, laissant les populations locales sans protection. Quelques jours auparavant, un civil identifié comme Muhindo Muhiyi aurait été tué dans cette zone, renforçant le climat de peur et d’abandon dénoncé par les habitants.
Par ailleurs, l’insécurité ne se limite pas au seul territoire de Mambasa. Dans le territoire voisin d’Irumu, la coordination de l’ONG de défense des droits humains COARDHO (Comité associatif résolu pour la défense des droits humains) a également lancé une alerte concernant la présence des ADF dans la chefferie des Walese-Vonkutu.
Dans une déclaration signée par son coordonnateur John Kihimba, l’organisation indique que des éléments ADF-MTN ont été signalés dans le groupement Bandavilemba. Dans la nuit du vendredi au samedi, ces hommes armés auraient traversé le village de Ndimo Coton.
Selon des sources locales relayées par l’ONG, au moins deux personnes sont portées disparues après le passage de ces assaillants. Face à cette situation, COARDHO appelle la population à la vigilance et à signaler tout mouvement suspect aux services de sécurité compétents.
L’organisation exhorte également les autorités militaires à intensifier les opérations de traque contre ces groupes armés, afin de restaurer la sécurité et permettre le retour des populations déplacées.
Ces différentes alertes interviennent dans un contexte où les Forces armées de la RDC, appuyées par l’armée ougandaise dans le cadre d’opérations conjointes, poursuivent leurs offensives contre les ADF dans l’est du pays. Toutefois, malgré ces efforts, les populations locales continuent de dénoncer l’insuffisance des résultats sur le terrain, au regard de la persistance des attaques, enlèvements et déplacements massifs de civils.
Roger KAKULIRAHI, à Mambasa

