Kinshasa, 08 mai 2026- La tension monte à Université Pédagogique Nationale. L’Association des Corps Scientifiques de l’UPN (ACS/UPN) a tenu, jeudi 8 mai, une assemblée générale extraordinaire dans l’enceinte de l’université, réunissant chefs de travaux et assistants autour de la question jugée “critique” du non-paiement des indemnités de transport, communément appelées COGIT.
Au cours de cette rencontre, les membres des corps scientifiques ont dénoncé avec fermeté la détérioration continue des conditions socio-économiques du personnel académique et scientifique, alors que l’année académique tend progressivement vers sa clôture.
Dans une déclaration au ton particulièrement sévère, le président de l’ACS/UPN, le CT Christian Andinga, a accusé le Comité de gestion d“indifférence” face à la précarité grandissante du personnel.
« C’est par mauvaise foi que le Comité de gestion de notre université ne se soucie pas de la situation sociale précaire du personnel. Certains ne perçoivent ni prime ni salaire de base, alors même que les étudiants se sont déjà acquittés des frais académiques. Nous exigeons également le paiement de la sixième tranche de la COGIT 2024-2025, réduite à 50 %, alors que les fonds existent. Nous accordons 48 heures au Comité de gestion, soit jusqu’au mardi 12 mai 2026”, a-t-il déclaré.
L’ACS prévient qu’en cas d’absence de réponse concrète dans ce délai, elle se réserve le droit de saisir le Chef de l’État ainsi que d’autres instances compétentes. Plus grave encore, les corps scientifiques menacent de déclencher une cessation immédiate des enseignements sur l’ensemble du campus, une situation qui pourrait plonger l’université dans une paralysie totale à quelques semaines de la fin de l’année académique.
Dans les couloirs de l’UPN, plusieurs membres du personnel scientifique parlent désormais d’un “climat d’abandon” et d’une gestion devenue incompréhensible. Certains rappellent que dans plusieurs autres établissements d’enseignement supérieur du pays, les agents auraient déjà perçu entre sept et huit mois de primes, pendant qu’à l’UPN, “tout semble bloqué par la seule volonté du Comité de gestion”.
Cette montée de colère laisse planer la menace d’une crise institutionnelle majeure au sein de l’une des principales universités publiques du pays.
La Rédaction

