Kinshasa, 11 mai 2026- Le pasteur et chantre gospel Moïse Mbiye est sorti de sa réserve, dimanche 10 mai, lors d’un culte célébré dans son église Cité Béthel, située à la 1ère rue, commune de Limete à Kinshasa.
Habituellement discret lors des grandes rencontres entre hommes de Dieu, le chantre surnommé “La Réserve de l’Éternel” a tenu un message ferme, visant indirectement un groupe de pasteurs engagé dans le débat politique actuel, notamment sur la question de la révision ou du changement de la Constitution.
Dans son intervention, il a dénoncé ce qu’il qualifie de dérives au sein de certains cercles, qu’il a comparés à un “camp des lépreux”.
“Est-ce que vous savez qu’il existe un camp des lépreux sur cette terre ? Il y a des endroits, des amitiés où, quand vous entrez, vous remarquez que vous réfléchissez tous de la même manière, vous fonctionnez de la même manière, et vos limites sont les mêmes. L’amitié devient un camp des lépreux”, a-t-il déclaré.
Le pasteur a élargi son propos au milieu religieux, dénonçant certains comportements qu’il juge éloignés de la mission spirituelle.
“Il y a des rassemblements de pasteurs où, quand ils se retrouvent, ils parlent de politique, ils prennent du vin, et ils n’ont qu’un seul sujet : changer la Constitution. C’est devenu un camp des lépreux. Ils ne pensent plus à faire avancer les églises ni à bénir les fidèles », a-t-il ajouté.
Il a également appelé à la vigilance spirituelle, estimant que certains regroupements peuvent détourner les hommes de Dieu de leur mission principale.
“Que le Seigneur fasse grâce pour que je ne retourne jamais dans un camp des lépreux”, a-t-il conclu.
Cette prise de position intervient dans un contexte où plusieurs pasteurs des églises de réveil se sont récemment exprimés en faveur du changement de la Constitution, une démarche qui reçoit également un écho favorable dans certains milieux politiques proches du pouvoir.
Au Parlement, l’assemblée nationale a adopté une proposition liée à l’organisation du référendum.
Dans le même temps, l’opposition politique, une partie de la société civile ainsi que l’Église catholique se montrent réservées face à cette dynamique.
Par la voix de son secrétaire général, Donatien Nshole, l’Église catholique reconnaît la possibilité d’une révision constitutionnelle mais estime que le contexte actuel, marqué notamment par la crise sécuritaire, ne s’y prête pas. Par contre, elle rejette toute procédure du changement de la constitution.
La rédaction

