Mambasa, 13 mai 2026 – Dans un contexte marqué par une recrudescence des violences attribuées aux rebelles des ADF dans plusieurs entités du territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, l’administrateur du territoire, le commissaire supérieur Matadi Muyapandi Jean-Baptiste, a confirmé l’arrivée prochaine de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) dans cette partie du sud de l’Ituri.
L’annonce a été faite mardi 12 mai à l’issue d’une réunion sécuritaire élargie aux différentes couches sociales et communautaires du territoire. Autorités administratives, leaders communautaires, représentants de la société civile et responsables coutumiers ont pris part à ces échanges centrés sur la détérioration de la situation sécuritaire dans plusieurs localités du territoire, notamment à Biakato et Makumo, récemment endeuillées par des attaques meurtrières.
Selon l’autorité territoriale, le déploiement des Casques bleus vise à renforcer les opérations conjointes menées par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) contre les groupes armés locaux et étrangers qui continuent de semer la terreur dans la région.
“Nous avons développé la question sécuritaire dans une réunion élargie à toutes les couches de la communauté. Nous avons analysé la situation ainsi que l’arrivée prochaine de la MONUSCO à Mambasa. La population est favorable à cette arrivée. J’appelle toute la population à être en commun accord avec toutes les autorités. À la population de Biakato et Makumo, je compatis avec elle. Bientôt, je veux descendre là-bas”, a déclaré le commissaire supérieur Matadi Muyapandi Jean-Baptiste.
Une présence onusienne jugée nécessaire
Au cours de cette rencontre, le chef de la chefferie de Mambasa a lui aussi exprimé son soutien à l’arrivée de la MONUSCO. Déplorant la persistance de l’insécurité dans plusieurs villages et axes routiers du territoire, l’autorité coutumière a estimé que l’appui de la mission onusienne demeure indispensable au regard des défis opérationnels auxquels les FARDC sont confrontées sur le terrain.
S’appuyant sur des informations recueillies auprès des sources militaires, il a indiqué que l’armée congolaise mène actuellement des opérations dans des conditions difficiles, nécessitant l’accompagnement de ses partenaires internationaux. Au nom de la population locale, il a ainsi souhaité la bienvenue à la MONUSCO à Mambasa.
Cette annonce intervient alors que les attaques attribuées aux rebelles des ADF continuent d’alimenter la psychose dans plusieurs agglomérations du territoire. Ces dernières semaines, plusieurs civils ont été tués dans des incursions armées visant notamment les localités de Biakato et Makumo. La situation a provoqué des déplacements massifs de populations vers des zones jugées plus sûres, pendant que de nombreuses familles vivent dans la peur de nouvelles attaques.
Des tensions récentes autour de la MONUSCO
Malgré les appels des autorités locales en faveur de cette mission onusienne, l’arrivée de la MONUSCO à Mambasa ne fait pas encore l’unanimité au sein de la population. Il y a quelques jours, une vive tension avait éclaté dans la cité lorsque certains habitants hostiles à la présence de la mission des Nations unies s’étaient mobilisés au quartier RD, à l’entrée Est de Mambasa, pour empêcher l’accès des véhicules des Casques bleus.
La tension avait duré plusieurs heures avant que les éléments de la MONUSCO ne soient contraints de rebrousser chemin vers la ville de Beni, dans la province voisine du Nord-Kivu, en attendant une nouvelle décision des autorités compétentes.
Ces manifestations traduisent une méfiance persistante d’une partie de la population envers la mission onusienne, régulièrement accusée d’inefficacité face aux massacres de civils dans l’Est de la RDC. Toutefois, les autorités territoriales et coutumières tentent désormais de convaincre les habitants de l’importance d’une coopération avec cette force internationale dans le contexte actuel.
Face à la multiplication des attaques et à l’ampleur de la crise sécuritaire dans le territoire de Mambasa, l’arrivée annoncée de la MONUSCO apparaît ainsi comme une nouvelle tentative de renforcer les dispositifs sécuritaires pour protéger les populations civiles et soutenir les opérations militaires contre les groupes armés actifs dans cette partie de l’Ituri.
Roger KAKULIRAHI, à Mambasa.

