Kinshasa, 14 mai 2026- Le Rassemblement des Compagnons d’Étienne Tshisekedi pour le Changement et le Progrès Social (RCET-CPS) a vivement réagi aux récentes déclarations du président français Emmanuel Macron concernant les sanctions infligées au président rwandais Paul Kagame et à l’ancien président congolais Joseph Kabila, qualifiant son discours de “hors sol” et “hors propos”.
Au cours de son point de presse hebdomadaire tenu jeudi 14 mai, le mouvement proche du pouvoir a pourtant commencé par saluer les récentes avancées diplomatiques engrangées par le président Félix Tshisekedi sur plusieurs fronts, notamment en Europe, en Afrique et aux États-Unis.
Le RCET-CPS a notamment évoqué les accords de coopération récemment conclus entre la RDC et l’Ouganda à l’occasion de l’investiture du président Yoweri Museveni. Ces accords touchent plusieurs secteurs stratégiques, notamment le commerce, le tourisme, les technologies de l’information, la recherche et l’administration publique.
Le regroupement a également salué la participation du chef de l’État congolais au sommet « Africa Forward » organisé à Nairobi, au Kenya, où la RDC a plaidé pour une réforme de la gouvernance mondiale et du Conseil de sécurité des Nations unies afin de garantir une meilleure représentation de l’Afrique.
Mais c’est surtout la sortie médiatique d’Emmanuel Macron, en marge du sommet France-Afrique de Nairobi, qui a retenu l’attention du RCET-CPS. Le président français s’était montré réservé quant aux sanctions américaines prises contre Paul Kagame et Joseph Kabila, estimant qu’une personnalité frappée de sanctions est moins disposée à collaborer ou à œuvrer pour la paix.
Une position que le RCET-CPS rejette catégoriquement.
« Pour nous, ce discours du président Macron est un discours hors sol, un discours hors propos », ont martelé les compagnons d’Étienne Tshisekedi, rappelant les multiples tentatives de rapprochement déjà entreprises entre Kinshasa et Kigali au fil des années.
Le mouvement a notamment cité les différents accords signés entre les deux pays, les opérations de brassage et de mixage au sein des forces armées congolaises ainsi que les intégrations réalisées dans les services de sécurité et l’administration publique. Selon le RCET-CPS, ces initiatives n’ont conduit qu’à « des infiltrations, l’occupation d’une partie du territoire national, l’exploitation illégale des ressources naturelles et la mort de millions de Congolais ».
Dans ce contexte, le regroupement politique estime qu’il est difficilement compréhensible que la France continue de promouvoir des négociations directes entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame.
Le RCET-CPS a par ailleurs félicité le président Tshisekedi pour ce qu’il qualifie de « diplomatie agissante », évoquant notamment les sanctions prises contre l’AFC/M23 et Joseph Kabila, ainsi que les accords de Washington soutenus par Kinshasa.
Le mouvement a enfin appelé la communauté internationale à aller plus loin en imposant des sanctions ciblées contre Paul Kagame, accusé par plusieurs acteurs politiques congolais de soutenir l’instabilité dans l’Est de la RDC.

