Mambasa, 19 mai 2026- Une vive tension a été observée le 19 mai à Kyavinyonge, dans le territoire de Beni, après une marche organisée par la société civile locale autour des revendications des pêcheurs artisanaux du lac Édouard. La mobilisation, organisée au bureau du chef du village, s’est poursuivie par la lecture et le dépôt d’un mémorandum dénonçant la convention ICCN-COPEVI. Des violences ont ensuite éclaté, entraînant plusieurs dégâts matériels avant l’intervention de la police par des tirs de sommation.
Dans ce mémorandum adressé aux autorités politico-administratives, la Société civile Forces vives sous-noyau de Kyavinyonge accuse l’ICCN-COPEVI de pratiques jugées contraires aux droits fondamentaux des communautés riveraines du lac Édouard. Les signataires dénoncent notamment des redevances qualifiées d’illégales, une gestion opaque des ressources halieutiques ainsi que des intimidations visant les pêcheurs artisanaux.
Les manifestants réclament également la reconnaissance de leurs droits coutumiers et fonciers sur les pêcheries du lac Édouard, tout en exigeant que la gestion des permis de pêche revienne exclusivement aux services étatiques compétents. La société civile rappelle aussi qu’une décision de retrait de la convention ICCN-COPEVI aurait déjà été annoncée en 2019 par les autorités nationales.
Cependant, alors que la mobilisation était présentée comme pacifique, des tensions ont éclaté au bureau du chef du village après la lecture du mémorandum. Selon des témoignages locaux, certains manifestants voulaient radicaliser le mouvement et s’en prendre à des biens privés.
Le président de la société civile locale, Kakule Malekani Delphin, affirme avoir été menacé après avoir tenté d’empêcher les violences.
« J’ai voulu calmer la population afin d’éviter tout débordement et empêcher la destruction des biens d’autrui. Mais j’ai été grondé, menacé et lapidé. Certains sont même venus avec un cercueil pour vouloir m’enterrer au bureau du chef du village. Les dégâts sont énormes : des maisons, des outils de ménage, des habits ainsi qu’une pirogue ont été incendiés par des personnes mal intentionnées. La police a dispersé ces manifestants par des tirs de sommation et, jusqu’à présent, les services de sécurité restent déterminés à sécuriser le village », a-t-il déclaré.
Des sources locales rapportent que plusieurs biens ont été incendiés ou vandalisés lors des violences. Les services de sécurité demeurent déployés dans cette localité du territoire de Beni afin d’éviter de nouveaux débordements.
Roger KAKULIRAHI

