Kinshasa, 28 mai 2026- Les agents et fonctionnaires de l’Administration urbaine de la Ville de Kinshasa menacent de déclencher une grève illimitée à partir du vendredi 29 mai 2026 pour dénoncer le non-paiement de leurs salaires et avantages sociaux, malgré une mobilisation de plus de 56 milliards de francs congolais de recettes fiscales et non fiscales au cours des deux premiers mois de l’année.
Dans un préavis de grève adressé aux ministres provinciaux en charge notamment du Budget, des Finances, de la Fonction publique et de l’Économie, l’Intersyndicale de l’Administration publique urbaine accuse l’Exécutif provincial de ne pas avoir respecté les engagements pris lors des accords signés le 28 avril 2026 sur le chronogramme de la paie.
Selon les syndicalistes, le premier pallier de paiement convenu reste exécuté partiellement, tandis que le deuxième pallier, annoncé pour le 18 mai 2026, n’est toujours pas effectif pour l’ensemble des agents concernés.
L’Intersyndicale affirme que les recettes mobilisées depuis le début de l’année démontrent pourtant une amélioration de la situation financière de la ville. Elle évoque notamment 24 milliards FC de recettes fiscales en janvier 2026 et 14 milliards FC en février, ainsi que 9 milliards FC de recettes non fiscales pour chacun des deux mois, soit un total estimé à 56 milliards FC.
”Comment l’Exécutif provincial est toujours dans l’incapacité de payer régulièrement son personnel alors que les recettes sont mobilisées ?”, s’interroge le banc syndical dans sa correspondance.
Les représentants des agents dénoncent également le recours aux découverts bancaires pour couvrir les enveloppes salariales, alors qu’ils estiment que les fonds mobilisés devraient permettre de résorber les arriérés accumulés.
Ils révèlent par ailleurs que plusieurs catégories du personnel urbain, notamment les agents des régies, des services publics urbains et des cabinets politiques, totalisent jusqu’à 14 mois d’arriérés couvrant les années 2024 et 2025, ainsi que cinq mois impayés pour l’année 2026.
Face à cette situation, le banc syndical exige notamment l’intégration effective du deuxième pallier sur les listings de paie, la publication d’un calendrier clair de paiement, la régularisation des arriérés, le paiement de la rétrocession de 5 % aux services d’assiette ainsi que la tenue urgente du cadre de concertation.
À défaut d’une réponse favorable dans les 48 heures, l’Intersyndicale prévient qu’une « grève illimitée avec effets rétroactifs » sera observée dès le 29 mai sur toute l’étendue de la ville de Kinshasa.

