Kinshasa, 29 mai 2026- Le gouverneur de la province de la Mongala, Jean Collins Makaka Pap’Ekaka, s’est prononcé en faveur d’un changement de la Constitution du 18 février 2006, plaidant notamment pour un allongement du mandat présidentiel ainsi qu’une rédaction de la loi fondamentale dans les langues nationales.
Le gouverneur s’est exprimé lors d’une conférence organisée au Grand Séminaire Saint Pierre et Paul de Lisala autour du débat sur la réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo.
Dans son intervention, Jean Collins Makaka a soutenu que la Constitution doit être davantage accessible et comprise par les citoyens congolais. Selon lui, la rédaction du texte fondamental dans des langues proches des réalités locales permettrait une meilleure appropriation par la population.
« La Constitution est un document interne d’un pays et d’un peuple. Elle conserve l’histoire, l’actualité et l’avenir d’une nation. Elle doit être suffisamment connue par ses propriétaires », a-t-il déclaré.
Le gouverneur a également estimé que la Constitution actuelle aurait été élaborée sans une participation active des Congolais, justifiant ainsi, selon lui, la nécessité de la réviser.
« Cette Constitution a été élaborée sans participation active des Congolais. Nous exigeons qu’on puisse la changer », a-t-il affirmé.
Abordant la question du mandat présidentiel, Jean Collins Makaka a proposé que celui du chef de l’État passe de cinq à sept ans renouvelable, voire davantage, afin de permettre au Président de la République de mener à terme des accords et projets de longue durée.
Pour l’autorité provinciale, toute réforme constitutionnelle doit cependant découler de la volonté populaire. « Le changement de la Constitution n’est pas une faveur accordée, mais un droit souverain que le peuple doit exercer », a-t-il soutenu.
Les échanges ont également porté sur l’importance de l’éducation civique et juridique afin de permettre aux citoyens de mieux comprendre leurs droits et les dispositions de la loi fondamentale.
Intervenant au cours des discussions, l’abbé professeur Mahoka Augustin, secrétaire académique du Grand Séminaire Saint Pierre et Paul de Lisala, a estimé qu’une nouvelle Constitution en RDC demeure envisageable si les initiateurs parviennent à convaincre la population.
« C’est possible de doter la RDC d’une nouvelle Constitution si les initiateurs arrivent à convaincre la population », a-t-il déclaré.
Selon les organisateurs, près de 29 autres conférences sont prévues à travers la province de la Mongala autour de cette question constitutionnelle.

