Kinshasa, 4 février 2025- Les atrocités commises lors de l’attaque de l’armée rwandaise et leurs supplétifs du M23 dans la ville de Goma et ses environs ne se limitent pas aux pertes militaires.
Mercredi 29 janvier dernier, dans les villages de Turunga et de Kiziba, situés dans le territoire de Nyiragongo, au Nord de la ville, des femmes et des jeunes filles ont été victimes de viols commis par des hommes lourdement armés. Il est difficile jusqu’à présent d’identifier leurs identités.
“Ils sont arrivés avec leurs fusils et ont violé plusieurs d’entre nous, et sont repartis comme si de rien n’était”, témoigne Kasoki Mbafumoja, une habitante de Turunga.
“Ce qu’ils nous ont fait, c’est inimaginable. Nous avons peur, non seulement des infections, mais aussi des conséquences de ces violences sur nos vies”, a regretté Malikidogo Julie, une jeune fille, habitante du village Kiziba.
Ces cas de viols ont laissé des séquelles profondes dans les communautés, non seulement physiques mais aussi psychologiques. Certaines femmes pourront être enceintes à cause de ces violences physiques et plusieurs autres devraient être affectées des infections sexuellement transmissibles.
La situation est d’autant plus alarmante que les infrastructures de santé de la ville sont débordées, incapables de répondre à la demande. À l’issue des combats, la ville de Goma se trouve maintenant envahie par des armes et des munitions abandonnées par des Forces Armées de la RDC.
“J’ai trouvé une arme dans ma rue, mais je ne sais pas si c’est un soldat congolais ou rwandais qui l’a laissée. Tout le monde prend ce qu’il trouve, et ça crée une nouvelle menace”, a déclaré Azor Muhindo, un habitant du quartier Virunga, situé près de l’aéroport international de Goma.
Cette prolifération d’armement dans les mains des civils pourrait bien entraîner un autre cycle de violence, avec des milices locales cherchant à venger des proches.
En tout cas, la population vit dans un désarroi total, sans eau potable, sans nourriture suffisante et sans aide extérieure.
“Les marchés n’ont pas encore fonctionné correctement. Il n’y a plus de produits de base comme c’était avant. Si la situation continue ainsi, c’est la famine qui va nous tuer tous”, prévient Mme Jeannine Habimana, une marchande des braises.
Malgré l’évacuation des camps de déplacés autour de Goma, la situation reste tendue. Les populations locales, toujours laissées pour compte, ont besoin d’une aide humanitaire. Une autre catastrophe attend la ville, car les tensions ne sont pas prêtes de retomber. Le dénuement de la population et l’absence d’assistance font le climat propice à de nouvelles violences.
La rédaction

