Kinshasa, 15 février 2025- A travers un communiqué rendu public, samedi 15 février 2025, le conseil d’apostolat des laïcs catholiques du Congo (CALCC) alerte sur des potentiels représailles sanglantes contre les chrétiens catholiques comme le 16 février 1992, soit 33 ans avant.
“Le 16 février est une date sacrée dans la mémoire collective des chrétiens et du pays. C’est le jour du massacre des chrétiens ayant revendiqué la reprise des travaux de la Conference Nationale Souveraine (CNS) en 1992! Les chrétiens ont l’obligation de garder une pensée pieuse en mémoire des frères et sœurs tombés pour la patrie. Il est inacceptable que les cultes soient troublés ce jour-là. Pas plus qu’un autre jour,” ecrit Jean Bosco Lalo, président national du CALCC.
Le 16 février 1992, des milliers des Kinois descendaient dans la rue pour une marche pacifique dénommée “marche de l’espoir”, à l’appel d’une association catholique laïque. Ils revendiquaient la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine (CNS), fermée le 19 janvier 1992 par le Premier ministre Nguz-a-Karl-i-Bond.
Dénonçant la circulation des tracts appelant à une action de sabotage des églises catholiques et protestantes ce dimanche 16 février, dans la ville de Kinshasa, le bureau national de cette structure citoyenne appelle les autorités compétentes à garantir la liberté de culte conformément aux dispositions légales en vigueur en demandant aux forces de sécurité de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les lieux de culte visés.
De même, le CALCC invite tous les citoyens à un moment de prière et de recueillement en mémoire des victimes du 16 février 1992, ainsi que des innombrables victimes des violences et agressions que subit notre pays depuis plus de trente ans.
Par ailleurs, Le CALCC dit réaffirmer son engagement pour la paix, la justice et la cohésion nationale et invite tous les acteurs de la société congolaise à privilégier le dialogue et la fraternité pour un avenir commun fondé sur le respect des droits et des libertés fondamentales.
“Notre pays est menacé de disparition. Soyons plutôt unis en soutenant les démarches de nos Pères spirituels. Le contraire serait prêter le flanc à l’ennemi. Le CALCC invite particulièrement le Chef de l’Etat et les dirigeants et hauts cadres de l’UDPS de prendre la mesure du danger qui guette la patrie et d’éviter dans leur communication de distiller des messages qui fragilisent encore un peu plus la cohésion nationale”, lit-on dans ce communiqué.
Notons que ces menaces surviennent alors que la CENCO et l’ECC sont engagées dans une consultation nationale et internationale pour l’adoption d’un Pacte national pour le Bien-vivre ensemble en RDC et dans la région des Grands Lacs.
Ces derniers ont rencontré notamment les acteurs de la majorité dont le président de la République ainsi que d’autres chefs des institutions, ceux de l’opposition dont Martin Fayulu, Sessanga, le camp du FCC et les auteurs du groupe rebelle AFC/M23 dont Nangaa et sa bande ainsi que le président Kagame accusé d’être derrière la crise sécuritaire dans la partie Est de la RDC.
De leur côté, l’hôtel de ville de Kinshasa et la police nationale ont garanti aux fidèles de ces deux églises une sécurité maximale contre tout dérapage.
Cédric BEYA

