Crise sécuritaire en RDC : Au conseil de l’ONU, Bintou Keita rappelle “l’urgence d’intervenir” pour mettre fin aux violations des droits humains

Mambasa, 28 Mars 2025 : La représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU en RDC et patronne de la mission des Nations-Unies pour la stabilisation du Congo (MONUSCO), Bintou Keita, s’est exprimé jeudi 27 mars au Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Dans son discours, elle a rappelé que cette crise est liée à l’expansion territoriale de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du Mouvement du 23 mars (M23), soutenus par la Force de défense rwandaise (FDR). Leur consolidation, a-t-elle expliqué, leur a permis de prendre le contrôle de vastes zones des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, menaçant de s’étendre à celles de la Tshopo et du Maniema.

Bintou Keita rappelle la nécessité d’ouvrir les aéroports à Goma et Bukavu.

Dans la même suite, elle a appelé la nécessité de réouvrir des aéroports de Goma (Nord-Kivu) et de Kavumu (Sud-Kivu) pour faciliter les opérations humanitaires. Selon elle, les deux aéroports “constituent le bout de sauvetage pour les humanitaires et un élément cléf de la rotation des contingents de la MONUSCO”. Aussi elle a souligné que, les violations des droits humains se sont multipliées, d’où la nécessité d’intervenir urgemment.

“Dans ce contexte, la situation des droits humains se détériore gravement, en particulier pour les femmes et les enfants, qui demeurent les principales victimes au Nord-Kivu et en Ituri, avec des violations graves pour 403 enfants, dont 90 filles, rien qu’entre le 1er décembre 2024 et le 28 février 2025. Ces violations incluent des enlèvements, meurtres, mutilations, recrutements forcés, attaques contre des écoles et violences sexuelles”, a dir B. Keita.

Et de poursuivre, “Quant à l’accès humanitaire, il reste entravé en raison de l’insécurité et de la présence de groupes armés, ainsi que de la fermeture prolongée des aéroports de Goma et de Kavumu et de la neutralisation du secteur bancaire dans les zones contrôlées par les autorités de facto”.

Le M23/RDF empêche la MONUSCO de bien faire son travail.

Par ailleurs, alors que les déplacements de population se multiplient sous l’effet des violences, la Représentante spéciale a également pointé du doigt un autre obstacle, la crise de financement du Plan de réponse humanitaire 2025, qui n’est pour le moment financé qu’à hauteur de 8,2%.

À l’en croire, les rebelles du M23, soutenus par l’armée rwandaise, empêchent la MONUSCO de faire son travail dans les zones qu’ils contrôlent. Jugeant cruciale la mise en œuvre de la résolution 2773 (2025) pour soulager les souffrances des populations touchées et préserver la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC, la Représentante spéciale a appelé le Conseil de sécurité à prendre des mesures concrètes contre les responsables de graves violations des droits humains et leurs complices.

Roger KAKULIRAHI.

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