Bukavu, 31 mars 2025- La conquête de la ville de Bukavu et l’aéroport de Kavumu par L’AFC-M23 a plongé des populations de certaines entités de la province du Sud-Kivu dans la misère et la vulnérabilité.
C’est le cas d’Uvira, Shabunda, Fizi et même Bukavu qui sont aujourd’hui étouffées suite à la fermeture des banques, l’insécurité grandissante sans précédent, l’interruption des voyages ainsi que la rupture du trafic routier.
Depuis l’arrivée à Kavumu des rebelles AFC-M23, le vol d’avions à destination de Shabunda a été interrompu coupant ainsi le chef-lieu de la province, de cette entité dont le trafic routier est toujours impossible. Shabunda est pourtant un territoire dépendant de denrées alimentaires et autres produits de première nécessité provenant uniquement de Bukavu. Maintenant qu’il est impossible de voyager de Bukavu vers Shabunda et vice-versa, les populations se trouvent actuellement en difficulté de survivre.
Il en est de même pour le territoire d’Uvira où a été délocalisé d’ailleurs le gouvernorat de la province du Sud-kivu à la suite de la conquête de Bukavu.
A l’intérieur comme dans la ville de cette entité, les effets de la guerre se font sentir. Des cas de malades de choléra se sont accentués faisant ainsi des morts. La pénurie de médicaments suivi de flambée des prix liés à la rupture du trafic entre Bukavu et la deuxième ville de la province est déploré par le mouvement Machozi Ya Rahiya.
Cette plateforme de la société civile alerte ainsi sur le risque dans lequel se trouve la population d’Uvira depuis quelques mois par manque des médicaments.
Cunvi Ya Rahiya déplore également l’insécurité croissante ainsi que des défis liés aux plans juridique, économique, social, etc suite à l’interruption des échanges des biens et de services entre Bukavu et Uvira, la route nationale numéro 5 n’étant pas favorable au déplacement des personnes craignant pour leur vie.
“En effet, nous ne cesserons point de le dire et d’écrire : plusieurs secteurs sont menacés par cette rupture imprévisible, affectant considérablement le quotidien de la population d’Uvira. Non seulement certaines universités retardent la réouverture de leurs portes par manque de professeurs (dont une partie venait de Bukavu), mais aussi Uvira enregistre depuis le début du mois de mars une pénurie des médicaments entraînant une hausse sans précédent des prix de ceux-ci, suite à cette rupture sur la RN5”, a déclaré Cunvi Ya Rahiya.
Cette plateforme renseigne que les dépôts pharmaceutiques notamment Shalina, et autre s’approvisionnaient en stocks à Bukavu. Aujourd’hui, en raison de la rupture des échanges entre ces deux villes, ces dépôts sont dans l’impossibilité matérielle de reconstituer leurs stocks.
Conséquence, une flambée des prix des médicaments (surtout les spécialités pharmaceutiques), mais aussi cette hausse de prix est accentuée par le taux de change, passant de 2500 à 3000-3200 FC pour 1$, impactant considérablement le secteur de la santé et l’accès aux médicaments pour tous.
A cette situation s’ajoutent le manque d’eau et d’électricité dans certaines avenues et quartiers, absence d’instances judiciaires, l’instabilité de connexion internet etc.
Une situation similaire se vit actuellement à Bukavu. L’on rapporte du jour au lendemain des assassinats par des bandits armés, des cambriolages, des enlèvements parfois suivi des découvertes macabres des corps humains, la rareté si pas l’absence de certains produits suivis des flambées des prix de ces derniers sur le marché. L’insuffisance de la circulation monétaire demeure un casse-tête à Bukavu, les banques étant toujours fermées.
Face à cette pénurie, des habitants émettent le vœu de voir les instances décisionnelles étatiques prendre des mesures urgentes pour réguler ce fléau qui dure bientôt deux mois.
La semaine dernière, l’opération Filimbi a été lancée à Bukavu par des cadres de la société civile. Elle consiste à lancer des alertes en produisant du bruit par l’usage des sifflets chaque soir de 21h00 à 21h30, à travers la ville pour dire non au contrôle de la province par l’AFC-M23. Plus d’une fois des manifestations instantanées ont été faites par la population en colère à Nyamugo dans la commune de Kadutu, toujours pour demander le retrait des troupes Rwandaises.
La rédaction

