Mambasa, 10 mai 2025- Les combattants de l’AFC/M23, soutenus par l’armée rwandaise, ont conquis depuis le début de la semaine plusieurs localités situées sur la côte ouest du lac Édouard, dans le territoire de Lubero (Nord-Kivu). D’après la société civile, au moins sept localités sont tombées, ouvrant ainsi un corridor stratégique vers Beni pour la rébellion.
Selon la géographie de la région, Lunyasenge – une localité prise dimanche – est une pêcherie située à environ quatre heures de navigation de Kyavinyonge. Cette dernière est une importante pêcherie jouxtant le parc national des Virunga, sur la côte nord du lac Édouard, dans le territoire de Beni.
Kyavinyonge est stratégique car elle offre un accès direct à Butembo (80 km), au territoire de Beni, à la cité frontalière de Kasindi-Lubiriha et à l’Ouganda, aussi bien par voie terrestre que lacustre.
D’après les informations recueillies par dépêche.cd, des officiers de l’armée congolaise se sont rendus à Kyavinyonge le vendredi 3 mai pour organiser les troupes et sensibiliser la population face à la menace rebelle.
Le bureau de coordination de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSSC), sous-section du secteur de Ruwenzori, a réagi à cette situation en appelant l’armée à aller plus loin. Cette structure recommande un déploiement massif d’éléments bien équipés des FARDC dans les villages lacustres de Kasindi-Port et Kyavinyonge afin de contenir l’avancée des rebelles du M23/RDF, actifs dans les zones environnantes.
Jade Vutsapu, coordonnateur de la NSSC/Ruwenzori, a également suggéré une coopération entre les éléments de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) et les FARDC pour protéger le parc national des Virunga. Il a conclu en appelant la population à soutenir les forces armées congolaises, qui se battent pour préserver l’intégrité territoriale du pays.
Dans un communiqué publié le dimanche 4 mai, l’armée congolaise a confirmé la prise de Lunyasenge. Son porte-parole pour le Grand-Nord, le colonel Mak Hazukay, a dénoncé une « violation intentionnelle et flagrante du cessez-le-feu » ainsi que des mesures issues des négociations en cours à Doha (Qatar) et à Washington (États-Unis). Il a ajouté que les FARDC se réservent “le droit de riposter sur tous les fronts si la menace des rebelles, qu’il qualifie de terroristes, et de leurs alliés rwandais, persiste”.
Roger KAKULIRAHI

