Kinshasa, 16 mai 2025- Le mandat de l’actuel Collège de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC), désigné par ordonnance présidentielle en mai 2020, arrive à expiration le 20 mai 2025. Pourtant, l’ambiance au sein de l’institution est loin d’être sereine.
Un flou institutionnel s’est installé, nourri par des comportements ambigus au sommet de l’ARPTC. Plusieurs cadres dénoncent une gouvernance perçue comme politisée, où la proximité affichée avec le pouvoir présidentiel semble supplanter les principes de neutralité et de service public.
Des alertes internes ont été émises, notamment par la Vice-Présidente, via une note officielle, pour signaler des dysfonctionnements graves : décisions opaques, pratiques de gestion douteuses, non-respect de l’interdiction de recruter imposée à l’échelle nationale. Ces mises en garde ont parfois été minimisées ou interprétées à tort comme des querelles internes.
Parmi les faits troublants, la désignation d’un retraité âgé de 65 ans, ex-cadre du secteur privé, pour remplacer temporairement le Directeur Financier en arrêt maladie, a soulevé des interrogations sur le respect des normes administratives. Ce choix semble davantage motivé par des intérêts particuliers que par l’urgence ou la compétence.
En cinq ans, l’ARPTC n’a enregistré ni réforme organisationnelle notable ni avancée significative dans ses nouvelles missions, notamment en matière de régulation numérique ou de protection des données. Pire, des fonds prévus pour ces missions auraient été détournés vers un prestataire externe, au lieu de bénéficier à l’institution elle-même.
Alors que la fin du mandat approche, certaines sources évoquent des pressions exercées sur la justice pour permettre un maintien prolongé et contestable du Collège en place. Un projet de réforme antérieur, porté par le Premier ministre et visant à moderniser la structure sous une nouvelle entité (ARPTIC), avait été freiné, illustrant les résistances internes au changement.
Dans ce contexte troublé, les agents appellent à l’intervention du Chef de l’État, garant de la bonne marche des institutions. Ils demandent la mise en place d’une nouvelle équipe dirigeante, qualifiée, impartiale et capable de remettre la régulation du secteur sur de bons rails.
La rédaction

