Mambasa, 20 mai 2025- Une grève sèche a été observée, lundi 19 mai, dans le groupement Mambembe, situé dans la chefferie de Babila-Babombi, territoire de Mambasa, en province de l’Ituri. À l’appel de la société civile locale, les habitants ont suspendu toutes leurs activités en signe de protestation contre la montée de l’insécurité dans la zone et l’inaction de certaines autorités locales chargées du maintien de l’ordre.
La société civile accuse certains membres des services de sécurité d’inefficacité face à la recrudescence des actes criminels dans la zone. Parmi les responsables visés figurent le chef de l’Agence nationale de renseignements (ANR) à Bella et plusieurs cadres du comité local de sécurité. Ces derniers sont notamment reprochés de ne pas réagir aux plaintes de la population, alors que les cas de vols à main armée se multiplient.
Selon les organisateurs de la grève, pas moins de dix cas de braquages ont été enregistrés au cours du dernier semestre.
Des hommes armés font irruption dans des habitations et commerces, emportant plus de 1 000 dollars en espèces ainsi que d’autres biens de valeur. Cette situation provoque peur et colère au sein de la population, qui accuse les services de sécurité de passivité, voire de complicité.
Dans une déclaration faite lors de l’évaluation de cette première journée de mobilisation, Kambale Benzeli Philémon, président de la société civile de Babila-Babombi, s’est réjoui de l’adhésion massive de la population à l’appel au boycott.
Il a appelé les opérateurs économiques à rejoindre cette lutte citoyenne en cessant toute activité tant que les revendications ne sont pas prises en compte. Toutefois, il a tenu à préciser que le secteur éducatif n’est pas concerné par la grève, invitant les parents à envoyer leurs enfants à l’école pour ne pas perturber leur scolarité.
Toutes les activités commerciales, de transport et autres services ont été paralysées ce lundi dans le groupement. La société civile annonce que ce mouvement se poursuivra jusqu’à ce que les autorités compétentes procèdent au remplacement du commandant local de la police.
Roger KAKULIRAHI

