Mambasa, 24 mai 2025- Un réaménagement de commandement majeur vient d’être opéré au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), touchant les secteurs opérationnels du Nord-Kivu et de l’Ituri. Cette décision intervient dans un contexte d’insécurité persistante, marqué par des menaces multiples et des attentes croissantes de la population en matière de sécurité.
Le général-major Mandevu Bruno, qui dirigeait depuis environ un an le secteur opérationnel Sukola I Grand-Nord, a été muté à la tête du secteur opérationnel de l’Ituri. Il y remplace le général-major Nyembo Abdallah, désormais nommé au commandement du Grand-Nord. La permutation a été actée par un télégramme officiel signé le 22 mai 2025 par le chef d’état-major général des FARDC, le lieutenant-général Banza Mwilambwe Jules. Les deux officiers sont appelés à rejoindre sans délai leurs nouvelles affectations.
Les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri partagent une instabilité chronique, nourrie par l’activisme de groupes armés aux stratégies diverses. Au Nord-Kivu, les FARDC sont confrontées à la résurgence du M23, particulièrement actif dans les territoires de Rutshuru, Lubero et Masisi. Les ADF, quant à eux, poursuivent leurs attaques meurtrières dans les zones de Beni et Lubero. En Ituri, en plus des incursions des ADF, les milices locales telles que CODECO et la CRP de Thomas Lubanga continuent de semer la terreur.
Ce redéploiement stratégique semble répondre à la nécessité d’adapter les schémas de commandement aux spécificités des menaces locales. Il intervient alors que l’état de siège, instauré depuis plusieurs années dans les deux provinces, peine à atteindre ses objectifs. Les critiques sur l’efficacité des opérations militaires se multiplient, pointant souvent un manque de coordination et une inadéquation face aux réalités du terrain.
L’arrivée du général Mandevu en Ituri, fort de son expérience au Nord-Kivu, et le retour du général Nyembo dans le Grand-Nord, pourraient offrir une opportunité de renouveau tactique. Toutefois, le défi demeure immense : restaurer la confiance des populations et inverser la spirale de violence dans des zones où la présence de l’État reste encore fragile.
Roger KAKULIRAHI

