Kinshasa, 27 mai 2025- A travers un communiqué de presse publié mardi 27 mai, le Consortium des Organisations Non Gouvernementales des Droits de l’Homme en RDC (ONGDH-RDC) exprime sa préoccupation face à ce qu’il qualifie de “nouvelles vagues d’interpellations”, opérées depuis le 22 mai 2025.
Il cite parmi les personnes arrêtées le général de brigade Pierre Banywesize, ancien chef d’état-major particulier de l’ancien président de la République, aujourd’hui commandant adjoint des opérations militaires à Dungu (Haut-Uélé).
Selon le Consortium, il a été interpellé à Kinshasa par les services de renseignement militaire alors qu’il se trouvait dans la capitale pour des raisons médicales. Depuis son arrestation au camp Kokolo, ses proches affirment ne pas savoir où il est détenu.
Autre officier concerné, le général Joseph Banza Kabulo, ancien commandant second du secteur opérationnel Sokola 2 au Sud-Kivu. D’après cette structure, lui aussi aurait été arrêté à Kinshasa par les mêmes services de sécurité.
Le Consortium affirme suivre de près ces arrestations, qu’il inscrit dans une tendance observée depuis plusieurs mois. Il rappelle avoir alerté les autorités en novembre 2024 sur l’arrestation de plusieurs officiers supérieurs de l’armée et de la Police nationale congolaise.
Selon ses données, 27 des 29 généraux actuellement détenus seraient d’obédience swahiliphone, ce qui, selon l’organisation, alimente un sentiment croissant d’injustice et de stigmatisation.
L’organisation ne conteste pas le droit de l’État à enquêter ou à sanctionner d’éventuels manquements, mais elle s’inquiète du manque de transparence autour des arrestations. Elle dénonce notamment l’absence d’informations officielles, l’opacité sur les charges retenues, le non-respect du droit à l’assistance d’un avocat, et les risques de détention prolongée sans jugement. Le Consortium s’alarme aussi de possibles cas de mauvais traitements, particulièrement dans des lieux de détention non identifiés.
Le cas du général Banywesize est jugé particulièrement préoccupant en raison de son état de santé. L’organisation demande qu’il bénéficie sans délai d’un accès à des soins médicaux appropriés.
Dans son communiqué, le Consortium exhorte les autorités à respecter les garanties judiciaires et les droits des détenus, à organiser des procès équitables dans des délais raisonnables, ou à libérer les personnes pour lesquelles aucune charge formelle n’a été établie. Il appelle également à permettre aux familles et avocats d’avoir accès aux détenus, et demande que des observateurs indépendants, y compris internationaux, puissent suivre ces procédures.
Alors que la République démocratique du Congo traverse une période de tensions politiques et sécuritaires, le Consortium estime que ces pratiques risquent d’accentuer les clivages internes et d’éroder la cohésion nationale. Il appelle à des signaux forts de justice, d’équité et d’unité, dans le respect de l’état de droit.

