Mambasa, 30 mai 2025- Une mission humanitaire s’est tragiquement terminée dans le sang, vendredi 30 mai, dans le territoire de Djugu, province de l’Ituri. Quatre (4) civils ont perdu la vie dans une embuscade tendue par des éléments armés de la milice CODECO dans le groupement de Masumbuko, situé dans le secteur des Walendu-Tatsi.
Selon Pilo Mulindro, chef de la chefferie de Bahema Nord, les victimes étaient un chauffeur d’origine Ndande, son aide et deux passagers. Le groupe transportait du matériel destiné à la construction de puits d’eau à Korovi, dans le cadre d’un projet soutenu par l’ONG Solidarité. D’après les informations livrées par l’autorité coutumière citée par nos confrères de Bunia, les miliciens ont intercepté le véhicule à son arrivée à Masumbuko et exécuté les quatre occupants à bout portant.
Le chef coutumier a exprimé son inquiétude face à cette attaque ciblée, rappelant que Codeco est pourtant engagée dans un processus de paix avec le gouvernement. Il considère que de tels actes remettent en cause la sincérité des engagements pris par les groupes armés signataires et fragilisent les efforts de stabilisation en cours.
Pilo Mulindro a également pointé du doigt l’inaction des forces armées, alors qu’un régiment militaire est basé à quelques kilomètres seulement du lieu de l’attaque. Pour lui, l’absence de réaction sécuritaire face à ce type d’incident grave montre les limites du dispositif de protection dans la zone.
Les corps du chauffeur et de son aide ont été transférés à Bunia, chef-lieu de la province. Les deux autres dépouilles ont été acheminées à Largu, leur village natal, pour les obsèques. L’attaque de Masumbuko met une nouvelle fois en lumière l’extrême fragilité de la paix en Ituri. Le ciblage de civils impliqués dans un projet de développement démontre que certains groupes armés continuent de défier les engagements pris dans les cadres de dialogue.
Dans un contexte où les forces de sécurité semblent dépassées ou inactives, les populations civiles demeurent exposées à une violence arbitraire. Pour qu’une paix durable soit possible, il est impératif que les auteurs de telles attaques soient identifiés, jugés, et que la protection des civils soit renforcée sur l’ensemble du territoire.
Roger KAKULIRAHI

