Mambasa, 31 mai 2025- Dans le territoire de Rutshuru, toujours sous contrôle du mouvement rebelle M23, la situation des enseignants devient de plus en plus critique. Réunis jeudi 29 mai, les membres de la synergie des syndicats des enseignants ont évalué leur condition salariale, restée inchangée depuis le début de l’année.
Selon Félix Gakuza, secrétaire permanent du Syndicat national des enseignants des écoles primaires (SYNEEP), aucun salaire n’a été versé aux enseignants depuis janvier, les plongeant dans une précarité extrême. Il souligne que ce retard, dans un contexte d’insécurité et d’isolement administratif dû à l’occupation rebelle, compromet sérieusement l’année scolaire 2024-2025.
Face à cette urgence, les syndicats appellent le gouvernement congolais à régulariser rapidement les arriérés dans toutes les écoles du territoire. Ils sollicitent aussi l’implication des organisations internationales œuvrant dans l’éducation pour un soutien humanitaire et pédagogique immédiat.
Les syndicats insistent : malgré le contexte sécuritaire, les droits des enseignants doivent être respectés, et les enfants de Rutshuru doivent continuer à accéder à l’éducation. En l’absence de réponse, ils n’écartent pas des actions de protestation.
La situation à Rutshuru illustre le lourd tribut payé par les enseignants dans les zones sous occupation rebelle. Privés de salaires et abandonnés à leur sort, ils tirent la sonnette d’alarme et exhortent les autorités à agir sans délai, pour éviter un effondrement durable du système éducatif local.
Roger KAKULIRAHI

