Mambasa, 10 Juin 2025 – L’opposant Martin Fayulu a lancé lundi dernier un appel solennel à l’unité nationale sous la bannière du “Camp de la Patrie”. Un concept qui dépasse la simple politique pour incarner un état d’esprit patriotique. Face aux menaces d’ingérence étrangère et aux risques de balkanisation, cette initiative invite tous les Congolais à défendre fermement la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays, en promouvant paix, justice et cohésion au-delà des clivages ethniques et politiques.
Fondé sur pied de l’article 63 de la Constitution, le « Camp de la Patrie » se veut un espace de mobilisation citoyenne, un serment collectif contre la division et la soumission, et un engagement à porter la voix du Congo sur la scène internationale. Martin Fayulu y exhorte les Congolais à dénoncer courageusement toute forme de complicité interne ou d’ingérence extérieure qui menace la stabilité nationale.
Cependant, cette démarche patriotique fait face à des critiques acerbes au sein de la classe politique. Ferdinand Kambere, secrétaire permanent adjoint du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), qui s’est exprimé lundi sur 7SUR7.CD, a vivement réagi à ces déclarations, qualifiant Fayulu de « politique versatile » et l’accusant d’un revirement opportuniste. Selon lui, Fayulu, autrefois opposant farouche au régime actuel, aurait conclu un accord tacite avec le président Félix Tshisekedi, justifiant son changement de ton et ses attaques ciblées contre d’anciens leaders comme Joseph Kabila.
Kambere dénonce également une campagne de diabolisation visant l’ancien président Kabila, réfutant les accusations de collusion avec des groupes rebelles et plaidant pour un dialogue inclusif comme seule voie vers la paix durable. Il critique par ailleurs des mesures du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), qu’il juge partiales, nuisant à la liberté d’expression et à la démocratie.
Au cœur de ces tensions, le « Camp de la Patrie » illustre les défis majeurs auxquels la RDC est confrontée : préserver son unité face aux divisions internes, renforcer la souveraineté nationale face aux pressions externes, tout en naviguant dans un paysage politique profondément fragmenté.
Roger KAKULIRAHI

