Kinshasa, 12 juin 2025, Dans un communiqué daté du 12 juin, dont une copie est parvenue à Dépêche.cd, le Bureau de la coordination nationale de la société civile Forces Vives de la RDC condamne fermement les accusations publiques portées par le Vice-Premier Ministre Jean-Pierre Bemba contre la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO). Ces propos, jugés sans fondement, sont qualifiés de graves, diffamatoires et dangereux pour la cohésion nationale.
Jean-Pierre Bemba, intervenant pour la seconde fois sur ce sujet en moins de six mois, a affirmé que la CENCO aurait perçu des fonds étatiques de manière irrégulière, tout en insinuant une connivence entre des personnalités politiques comme Joseph Kabila et Moïse Katumbi. Une sortie publique jugée choquante par de nombreuses composantes de la société congolaise, notamment religieuses et civiles.
La Société Civile rappelle que les fonds évoqués étaient destinés aux diocèses pour des actions pastorales et sociales, et non à la CENCO en tant qu’institution centrale. Elle souligne que ces déclarations constituent une tentative de discrédit envers une Église catholique largement engagée sur le terrain, notamment à travers ses écoles rurales qui représentent plus de 80 % des établissements éducatifs catholiques du pays.
Dans leur communiqué, elle regrette le silence du gouvernement face à ce qu’il qualifie de dérive verbale et de posture clivante. En l’absence de recadrage officiel, cette attitude pourrait être perçue comme une caution tacite à des propos jugés manipulateurs et déstabilisateurs.
“Le fait que les autorités hiérarchiques de Monsieur Jean-Pierre Bemba n’aient pas encore recadré cette sortie médiatique tendancieuse pourrait être interprété comme un encouragement, voire une caution à ces propos divisionnistes. Nous appelons donc la population à demeurer
extrêmement vigilante face à ces tentatives de manipulation et de déstabilisation”, lit-on.
Elle rappelle par ailleurs que la CENCO a joué un rôle historique dans l’alternance démocratique de 2018, à travers sa médiation lors des négociations de la Saint-Sylvestre. Pour les Forces Vives, s’attaquer à cette institution revient à remettre en cause les fondements même de cette avancée démocratique.
Enfin, la structure appelle la population congolaise à faire preuve de vigilance, de discernement et à rejeter les discours de division. Elle insiste sur l’importance du respect des institutions, de la vérité des faits et du dialogue comme seuls chemins vers une paix durable.

