Kinshasa, 13 juin 2025- Malaise à l’assemblée provinciale du Kasaï Central. 18 députés provinciaux, soit la majorité absolue de l’organe délibérant, montent au créneau pour dénoncer ce qu’ils qualifient de “manœuvres anticonstitutionnelles” orchestrées par 14 de leurs collègues.
Dans une déclaration politique signés ce vendredi 13 juin, ces élus pointent une série d’irrégularités graves dont des pétitions initiées dans des conditions douteuses, tenue d’une plénière illégale le 5 juin, usurpation de fonction à travers la mise en place d’un bureau d’âge irrégulier, falsification du sceau officiel de l’institution et organisation d’une séance en l’absence des membres du Bureau légitimement en mission à Kinshasa.
“Condamnons avec la dernière énergie toute initiative tendant à saboter la vision du Chef de l’État au Kasaï Central et restons mobilisés pour barrer la route à toute personne qui chercherait à instrumentaliser les Députés Provinciaux pour des intérêts égoïstes”, martèlent les signataires.
Parmi les faits les plus graves, les 18 députés dénoncent la désignation irrégulière d’un président du Bureau d’âge non conforme au critère d’ancienneté, un rôle qui aurait dû revenir à l’élu le plus âgé, Crispin Mbungu Mapumba, né en 1952, au lieu de Stéphane Muanda Malombo, né en 1963. Une violation manifeste du règlement intérieur.
Les élus protestataires réaffirment leur attachement à la stabilité des institutions, dans la ligne de la volonté exprimée par le président Félix Tshisekedi lors de la 11ᵉ conférence des gouverneurs à Kalemie. Ils exhortent le rapporteur adjoint de l’Assemblée, seul membre du bureau non concerné par les pétitions, à convoquer une plénière en toute légalité afin de statuer sur ces pétitions dans les règles.
“Appelons nos 14 collègues Députés Provinciaux embarqués dans une voie suicidaire à se ressaisir pour participer à la plénière régulièrement et légalement convoquée par le Rapporteur Adjoint”, lit-on dans leur déclaration.
Cette prise de position marque une étape décisive dans la crise qui secoue l’Assemblée provinciale. Dans les coulisses, des sources évoquent des pressions politiques et des agendas cachés visant à remodeler les équilibres institutionnels dans la province.
En attendant la convocation d’une séance officielle, l’Assemblée provinciale du Kasaï Central semble suspendue à un fil. Une seule certitude : la guerre des tranchées est loin d’être terminée.

