Kinshasa, 17 juin 2025- Réagissant au discours de Joseph Kabila du 23 mai et à sa présence remarquée à Goma aux côtés du M23/AFC, Pierre Lumbwe Kazimoto, acteur politique et notable du Tanganyika, a catégoriquement vomi l’ancien président dans l’espace Katanga.
Dans une déclaration, il a sévèrement critiqué et condamné ses prises de position aux côtés d’un groupe rebelle accusé de crimes contre les civils et soutenu militairement par le Rwanda.
Pour Pierre Lumbwe, Joseph Kabila aurait intentionnellement provoqué la crise actuelle afin de se repositionner politiquement, en s’appuyant sur son origine katangaise pour se présenter comme une solution face à l’instabilité qu’il aurait lui-même favorisée.
“Kabila n’a pas sa place au Katanga”, a martelé Lumbwe, estimant que les populations de cette région rejettent massivement ses manœuvres. Il lui reproche d’avoir soutenu un soulèvement armé qui s’en prend aujourd’hui aux civils qu’il a longtemps dirigés.
Il a également appelé les Katangais à se souvenir des tensions passées entre Kabila et les figures emblématiques de la région, telles que les défunts Mwando Simba, Kyungu wa Kumwanza, Katumba Mwanke, Samba Kaputo et bien d’autres, victimes selon lui des coups bas de l’ancien président.
Dans son intervention, Pierre Lumbwe a exprimé sa solidarité envers les populations vivant sous la menace constante des rebelles du M23, soutenus par l’armée rwandaise (RDF), dénonçant la terreur et la souffrance imposées dans les territoires occupés. Il a salué le courage et la résilience de ses compatriotes, tout en soulignant que leur combat quotidien rapproche davantage le pays d’un retour à la paix.
Il a en outre condamné la multiplication des milices armées dans la région du Grand Katanga, et plus particulièrement dans le Tanganyika, où plusieurs civils ont récemment perdu la vie. Il soupçonne Joseph Kabila d’être à l’origine de cette insécurité, l’accusant de financer des groupes armés afin de saper les institutions locales et d’entretenir des foyers de tension.
“Durant mon mandat comme ministre provincial de l’Intérieur, la province avait retrouvé calme et unité. Ce que nous observons aujourd’hui n’est que le résultat d’un plan savamment élaboré depuis des années par Kabila pour replonger le Tanganyika dans la tourmente”, a-t-il déclaré.
Dans un autre registre, l’homme politique a brièvement commenté les tensions internes au sein de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), le parti présidentiel, notamment autour de la nomination de son secrétaire général. À ses yeux, ce type de conflits est courant dans tout mouvement politique, et n’entrave pas le fonctionnement général du parti.
“Notre regard est résolument tourné vers l’avenir”, a-t-il conclu.
Cédric BEYA

