Kananga, 17 juin 2025- Le député provincial Papy-Noël Kanku Kabamba, élu de Demba a démissionné de son poste de Vice-Président de l’Assemblée provinciale du Kasaï Central. Il a fait cette annonce lundi 16 juin en pleine séance plénière. Un départ du bureau qui a laissé place à la stupeur dans l’hémicycle.
Celui que ses partisans surnomment « le Sorcier de Bonne Foi” a déclaré avoir pris cette décision en réaction à ce qu’il qualifie de manœuvres politiques obscures visant à l’évincer, malgré le large soutien dont il bénéficiait au sein de la majorité parlementaire.
“Je ne vois aucun mal, aucun forfait commis par moi-même. Mais je connais d’où vient le problème. Pour une seule personne, nous ne pouvons pas freiner l’avancement de toute une province”, a-t-il lancé devant ses collègues.
Dans un discours empreint de gravité, Papy-Noël Kanku a directement mis en cause le député national John Kabeya Shikayi, élu UDPS, qu’il accuse d’avoir tenté d’influencer la direction de l’Assemblée afin d’obtenir son éviction.
“L’honorable John Kabeya Shikayi est allé voir le Président pour lui dire : “Nous vous prions de nous sacrifier le Vice-Président.” Mais le Président a refusé, disant : “Je ne peux pas le faire, car il n’a commis aucun mal.” »
Selon lui, ce refus aurait été à l’origine d’une série de pétitions initiées à son encontre, notamment au mois de mars, qu’il considère comme des tentatives de harcèlement politique.
Malgré les circonstances, l’élu a appelé à la sagesse et à l’unité autour de l’intérêt supérieur de la province.
“Moi, j’aime le Kasaï Central et nous aimons tous le Kasaï Central. Il est notre dénominateur commun. On a eu le MPR, le PPRD, demain l’UDPS passera, l’UNC passera, l’AFDC passera, mais le Kasaï Central restera éternel”.
Et d’ajouter : “Acceptons que, lors de notre passage à l’Assemblée provinciale du Kasaï Central, nous puissions écrire notre histoire sur une pierre, et non sur du sable”, a-t-il conclu avant de rendre officiellement son tablier.
Il reste à voir quelles seront les répercussions politiques de cette démission dans la configuration actuelle de l’Assemblée provinciale, et si elle marquera un tournant dans les relations déjà fragiles entre députés provinciaux et nationaux.
Cédric BEYA

