Kinshasa, 18 juin 2025- Accusé de détournement de fonds publics, le ministre d’État démissionnaire à la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba, rejette catégoriquement les allégations portées contre lui. Dans une lettre adressée au président de la République, il affirme n’avoir jamais touché un seul centime de l’argent de l’État et dénonce un complot politique orchestré depuis l’étranger.
“Je n’ai pris aucun dollar de l’État”, a martelé Mutamba dans sa correspondance rendue publique après la levée de ses immunités parlementaires. Il dit subir une campagne d’humiliation menée par des “réseaux mafieux infiltrés” qu’il accuse de vouloir le faire taire en raison de son engagement patriotique.
“Après avoir échappé à plusieurs tentatives d’empoisonnement et d’élimination physique, les réseaux mafieux, y compris ceux infiltrés au service de nos ennemis, ont réussi à m’humilier. Je ne peux rappeler ici le degré de mon intégrité… Ma loyauté envers votre autorité est indéfectible”, a-t-il écrit au chef de l’État.
Un coup monté depuis Kigali ?
Le président du parti Nouvel Élan, qui avait rallié l’Union sacrée à l’appel de Félix Tshisekedi, affirme que ses déboires judiciaires s’inscrivent dans un plan élaboré à Kigali pour déstabiliser la riposte congolaise face à l’agression du M23/AFC dans l’est du pays.
“Tel votre soldat, engagé dans des poursuites contre des hauts responsables de l’AFC/M23, je suis surpris par un coup de poignard dans le dos… Ce complot, visiblement conçu à Kigali, vise à désorganiser la riposte gouvernementale face à l’agression rwandaise”, accuse-t-il.
19 millions de dollars en question
Constant Mutamba est dans le collimateur de la justice pour un présumé détournement de 19 millions de dollars américains, un montant destiné à la construction de la prison centrale de Kisangani. Une enquête est en cours, menée par le procureur près la Cour de cassation, désormais libre de poursuivre, Mutamba n’étant plus protégé par l’immunité ministérielle.
Cédric BEYA

