Kinshasa, 20 juin 2025- La Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) a fixé au 26 juin prochain le prononcé de sa décision sur la compétence et la recevabilité de l’affaire opposant la République Démocratique du Congo (RDC) au Rwanda. Cette annonce a été faite par le Greffe de la Cour, qui a adressé une correspondance officielle aux deux États.
“Le Greffe vous informe que, dans l’affaire citée en référence, la Cour rendra un arrêt sur la compétence et la recevabilité, en audience publique, le 26 juin 2025, à partir de 10h (heure d’Arusha, GMT+3), à son siège à Arusha, en République-Unie de Tanzanie”, peut-on lire dans le courrier.
Cette étape marque un tournant dans la procédure engagée par Kinshasa contre Kigali, accusé d’agressions armées, de pillages des ressources et de massacres perpétrés sur le territoire congolais depuis plus de trois décennies.
L’audience publique sur la compétence de la CADHP s’était tenue les 12 et 13 février derniers à Arusha. À l’issue des confrontations entre les deux parties, la Cour avait pris l’affaire en délibéré, en laissant huit jours à chacune d’elles pour déposer leurs notes de plaidoiries et toute preuve complémentaire.
La partie congolaise a brandi une série de preuves documentées de crimes graves attribués au Rwanda : violations massives des droits humains, violences sexuelles, exploitation illégale des ressources naturelles et massacres récurrents sur le sol congolais. Pour donner plus de poids à son dossier, la RDC s’était entourée de militants des droits humains, présents à Arusha.
Les avocats congolais ont réfuté les exceptions soulevées par Kigali, estimant que se déclarer incompétente reviendrait, pour la Cour, à renier sa propre mission et à envoyer un mauvais signal aux victimes des conflits dans la région des Grands Lacs.
Contrairement au procès tenu le 26 septembre 2024 devant la Cour de justice de l’EAC, qui portait principalement sur des différends régionaux, l’affaire en cours à la CADHP s’inscrit dans une démarche de justice historique. La RDC entend obtenir la reconnaissance officielle de décennies d’agression et de prédation qui, selon elle, relèvent d’une politique systématique menée par le Rwanda.
Cédric BEYA

