Kinshasa, 2 juillet 2025- Un nouvel acte de profanation secoue l’Église catholique en RDC. La paroisse Saint-François d’Assise, située dans le quartier Luano, commune Annexe à Lubumbashi, a été vandalisée dans la nuit du lundi à mardi 1er juillet par des individus non identifiés, qui ont emporté la quasi-totalité des objets liturgiques. En réponse, l’archevêque métropolitain de Lubumbashi, Mgr Fulgence Muteba Mugalu, a ordonné la fermeture immédiate de cette église.
Selon le vicaire général Emmanuel Mumba, qui s’est rendu sur place sur instruction de l’archevêque, les malfaiteurs ont notamment forcé l’accès au sanctuaire, vandalisé le tabernacle, profané le Saint-Sacrement et incendié les réserves eucharistiques non consacrées. À cela s’ajoute le vol d’un grand nombre d’objets de culte : tuniques sacerdotales, croix d’autel, nappes liturgiques, micros, tam-tams, livres de messe, mixeur, et autres accessoires.
“C’est la désacralisation de l’église Saint-François d’Assise. Ils ont pris tout ce qui sert à la célébration eucharistique. Ils ont touché à ce qui est le plus sacré dans la liturgie catholique”, a déclaré avec émotion le vicaire Mumba.
Cet incident tragique ravive un sombre souvenir. En 2021, déjà, Mgr Fulgence Muteba avait dénoncé des actes similaires commis dans les grottes mariales des paroisses Saint Esprit et Notre Dame des Pauvres. Une tendance inquiétante qui semble gagner du terrain.
Face à la gravité des faits, l’archevêque a décidé de suspendre toutes les activités religieuses dans la paroisse concernée jusqu’à la célébration d’une messe de réparation. Il appelle également les autorités compétentes à diligenter des enquêtes urgentes pour identifier et traduire en justice les auteurs de ces profanations.
Une situation qui, au-delà de Lubumbashi, touche également d’autres diocèses. En 2025, dans la province du Lualaba, Mgr Richard Kazadi avait aussi ordonné la fermeture d’une paroisse à la suite d’une profanation similaire.
Les fidèles, eux, se disent bouleversés et contraints de prier désormais dans l’intimité de leurs maisons, en attendant la réouverture des lieux de culte. Un climat d’inquiétude s’installe au sein de l’Église, où la sacralité des lieux et objets religieux fait désormais face à une insécurité persistante.
Cédric BEYA

