Kinshasa, 14 juillet 2025- Le Président de Félix Tshisekedi a insisté, au cours de la réunion du conseil des ministres du vendredi 11 juillet, sur la nécessité d’intégrer la formation professionnelle dans tous les grands projets d’investissement en République Démocratique du Congo.
Cette orientation présidentielle s’inscrit dans le cadre du Programme National Stratégique de Développement (PNSD), qui vise à promouvoir un développement inclusif à travers les secteurs clés du pays, rapporte le porte-parole du gouvernement dans son compte rendu.
Il a fait savoir que le Chef de l’État a exprimé sa préoccupation face à une réalité préoccupante : de nombreux emplois techniques, pourtant réservés aux Congolais, continuent d’être occupés par des travailleurs étrangers. Ce constat s’étend à des métiers de base tels que la maçonnerie, la peinture, le carrelage ou encore la conduite d’engins, faute de main-d’œuvre nationale qualifiée.
Le Président a cité plusieurs projets d’envergure, tels que l’accord minier en cours avec les États-Unis, l’exploitation du manganèse dans le Kongo-Central ou encore le développement du Corridor de Lobito, pour illustrer l’urgence de renforcer les compétences locales. Pour lui, la réussite de ces projets dépendra largement de la disponibilité d’une main-d’œuvre nationale formée.
Pour matérialiser cette vision, il a instruit la Première Ministre de responsabiliser le Ministre de la Formation Professionnelle et Métiers en vue de la création d’une Commission gouvernementale élargie. Celle-ci devra inclure le Cabinet de la Primature et les structures publiques concernées afin de proposer des mesures législatives et réglementaires concrètes.
Parmi les principales mesures envisagées figurent
- La construction et l’équipement d’un établissement de formation professionnelle moderne dans le périmètre de chaque projet ;
- L’implication systématique du Ministère de la Formation Professionnelle et Métiers dès la phase de conception des projets ;
- La réservation d’une part du budget de chaque projet à la formation professionnelle, notamment dans les filières techniques innovantes, adaptées aux besoins du secteur.
D’après les orientations du chef de l’État, cette réforme vise à limiter le recours excessif à la main-d’œuvre étrangère, à anticiper les besoins en compétences techniques, et à garantir des emplois durables et décents pour les Congolais. Elle représente un virage stratégique dans la politique de développement de la RDC.
Cédric BEYA

