Mambasa, 18 Juillet 2025– Alors que la récente circulaire du secrétariat général du ministère de l’Éducation nationale autorisant les élèves enceintes à poursuivre leur scolarité suscite un vif débat, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, est intervenu pour clarifier la position officielle. Il affirme que cette mesure ne vise pas à promouvoir la dépravation, mais plutôt à garantir un droit fondamental : l’accès à l’éducation pour tous, tel que prévu par la Constitution de la République démocratique du Congo.
Refuser l’école à une fille enceinte, c’est doubler la peine.
Pour Patrick Muyaya, priver une élève enceinte de sa scolarité revient à lui infliger une « double peine » injuste. Il estime que cette exclusion masque souvent des responsabilités plus profondes, notamment l’absence d’un encadrement adéquat à la maison et à l’école. “Il est temps de cesser d’aborder ces sujets avec hypocrisie. Nos enfants vivent déjà cette réalité”, a-t-il déclaré.
Il a également rappelé que la RDC est signataire de conventions internationales, dont la Convention relative aux droits de l’enfant, qui interdit toute discrimination scolaire fondée sur la grossesse. Il s’agit d’un engagement moral et juridique que le pays se doit de respecter.
Citant les enquêtes démographiques de santé (EDS), Patrick Muyaya a souligné que le niveau d’éducation des jeunes filles est directement lié à une baisse des grossesses précoces. “Une fille instruite est mieux protégée. L’école est l’un des meilleurs outils de prévention”, a-t-il insisté.
Il a plaidé pour une approche inclusive : une éducation sexuelle adaptée à l’âge, un dialogue intergénérationnel franc, et une collaboration sincère avec les confessions religieuses. “Ce n’est plus le moment de fuir le débat. Nos enfants sont déjà exposés à des contenus à caractère sexuel. Nous devons les accompagner, pas les condamner”, a-t-il soutenu.
Lutter contre l’impunité et accompagner les victimes.
Au-delà de la continuité scolaire, Muyaya a appelé à plus de fermeté face aux auteurs d’abus sexuels, souvent à l’origine des grossesses en milieu scolaire. Il insiste sur l’importance de dénoncer, poursuivre et punir les responsables, tout en accompagnant les victimes pour prévenir leur marginalisation.
“Laisser une adolescente tomber enceinte, puis la rejeter, c’est trahir deux fois notre responsabilité collective”, a-t-il martelé.
Le porte-parole du gouvernement appelle à un sursaut de conscience. Selon lui, la réussite de cette mesure dépendra de l’implication concrète de tous les acteurs : écoles, familles, Églises, leaders communautaires, et société civile.
“Il s’agit de garantir à chaque fille, malgré les épreuves, le droit de rêver, d’apprendre et de construire son avenir”, a conclu Patrick Muyaya.
Roger KAKULIRAHI

