Mambasa, 5 août 2025- La ville de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, a une fois de plus été secouée par une attaque armée meurtrière, renforçant un climat d’insécurité de plus en plus alarmant. Dans la soirée du mardi 5 août 2025, vers 19h15, des individus armés non identifiés, circulant à moto, ont ouvert le feu à l’Espace Benitha, sur le boulevard de la Libération dans le quartier Lumumba, commune de Mbunya.
Cette attaque ciblait une zone fréquentée en début de soirée, à proximité du terrain Epo Ville. Le bilan est lourd : six personnes atteintes par balles, dont un agent de l’Office Congolais de Contrôle (OCC) qui a succombé à ses blessures après son transfert à l’hôpital. Une autre victime est dans un état critique, tandis que quatre autres blessés, dont une femme, présentent des lésions moins graves.
Le commandant de la Police Nationale Congolaise à Bunia, le commissaire supérieur Abeli Mwangu Gérard, a confirmé les faits. Il appelle la population à redoubler de vigilance, à limiter les sorties nocturnes, et à collaborer avec les services de sécurité en signalant toute présence ou activité suspecte via le numéro vert : +243 811 050 013.
Cette attaque intervient à peine quelques jours après un autre acte similaire. Le 30 juillet dernier, trois personnes avaient été abattues dans le quartier Yambi Yaya, dans une fusillade dont les auteurs, également à moto, n’ont jamais été retrouvés. Le mode opératoire se répète : arrivée fulgurante, tirs ciblés, retrait rapide dans l’anonymat urbain.
Face à cette série noire, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer la fragilité du dispositif sécuritaire dans une ville où les habitants ne se sentent plus protégés. Certains soupçonnent l’infiltration de groupes armés venus de zones rurales, tandis que d’autres parlent d’une criminalité urbaine organisée, exploitant les failles de l’État pour s’enraciner.
Longtemps considérée comme un îlot de stabilité dans une province minée par les conflits armés, Bunia glisse dangereusement vers une instabilité chronique. Entre peur, colère et résignation, les habitants attendent désormais des mesures fortes, au-delà des discours. Car ici, chaque soir qui tombe semble désormais porter la menace.
Roger KAKULIRAHI

