Kinshasa, 26 août 2025- Dans une lettre ouverte adressée au président Félix Tshisekedi, le Panel des Experts de la Société Civile alerte sur la “nécessité urgente de décrisper la situation politique et sécuritaire” en RDC.
Pour le Panel, la RDC traverse “une étape décisive” : rétrécissement de l’espace politique, effondrement socio-économique, justice à double vitesse, impunité et corruption fragilisent le tissu national.
“L’agression extérieure ne doit pas servir de prétexte pour couvrir la situation explosive interne”, écrit Dieudonné Mushagalusa Cirhuza, coordonnateur du Panel.
Des exemples concrets de dérives
La lettre pointe plusieurs faits inquiétants notamment la sortie du Gouvernement Suminwa II, jugé non représentatif et non consensuel par l’opinion publique.
Aussi, la criminalisation de l’opposition, illustrée par le procès politique de l’ex-président Joseph Kabila Kabange et l’enlèvement de Me Médard Palankoy, toujours détenu sans procès.
Le Panel évoqué également les restrictions arbitraires de circulation, dont le cas de Moïse Biringanine Shako, agent de la DGRAD, arrêté à l’aéroport de Ndjili le 9 août 2025. Les détentions de plusieurs officiers militaires, dont le Général Pierre Banywesize, privés de soins appropriés et exposés à des conditions contraires aux droits humains.
L’opacité des accords internationaux avec le Rwanda et l’Ouganda, non ratifiés par le Parlement et générant suspicion et tensions.
L’intolérance envers les partisans du dialogue et le faible soutien aux initiatives internes de paix, telles que le pacte social de la CENCO et de l’ECC.
La marginalisation des Wazalendo, volontaires qui ont soutenu les FARDC sans reconnaissance ni encadrement.
Un appel inspiré du passé
Le Panel s’inspire de l’exemple de Feu Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba, qui avait interpellé le Maréchal Mobutu Sese Seko en 1980 pour défendre les libertés et la cohésion nationale.
“L’histoire retiendra celui qui, face aux crises, aura privilégié l’unité et la réconciliation plutôt que la division”, écrit Dieudonné Mushagalusa Cirhuza.
Les recommandations clés
Le Panel appelle le président Félix Tshisekedi Tshilombo à : Restaurer les libertés fondamentales et la participation politique. Libérer les prisonniers politiques et d’opinion et garantir un traitement digne aux détenus militaires. Assurer transparence et ratification parlementaire pour tous les accords internationaux. Lever les restrictions discriminatoires contre les populations des zones occupées. Lancer un dialogue politique inclusif réunissant majorité, opposition (armée et non armée), société civile, confessions religieuses et diaspora.
“La RDC ne peut avancer que par l’inclusion et le respect mutuel”, conclut Dieudonné Mushagalusa Cirhuza.
Cet appel, soutenu par des officiers militaires et la société civile, est un avertissement clair : sans mesures immédiates, la République démocratique du Congo risque une aggravation de l’instabilité politique et sécuritaire.
La rédaction

