Beni, 08 septembre 2025 – Le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, affirme l’ambition du gouvernement de faire du pays le premier producteur mondial de cacao d’ici cinq ans.
Cette déclaration intervient alors que l’Union européenne impose de nouvelles exigences sur la traçabilité et l’impact environnemental des produits agricoles, notamment le cacao. Des inquiétudes ont été exprimées quant à l’origine du cacao congolais et aux risques de déforestation.
Face à ces préoccupations, le ministre se veut rassurant. “L’Union européenne n’a pas interdit nos produits, elle nous encourage plutôt à produire tout en respectant l’environnement et les forêts. C’est une recommandation que nous prenons positivement”, a-t-il déclaré.
La RDC dispose d’environ 80 millions d’hectares de terres arables. Une richesse foncière que le gouvernement souhaite exploiter tout en préservant les zones sensibles, comme les aires protégées et les tourbières.
“Pour atteindre notre objectif de 2,5 millions d’hectares de cacao et dépasser la Côte d’Ivoire, nous devons trouver un équilibre entre production agricole et préservation forestière”, a expliqué Muhindo Nzangi.
Le ministre a annoncé son intention de soumettre au Conseil des ministres une demande d’autorisation pour entamer, avec son homologue du Commerce extérieur, des discussions avec l’Union européenne. Il espère obtenir un moratoire, afin de laisser à la RDC le temps de mettre en place les outils de traçabilité requis, dans un contexte sécuritaire encore fragile dans certaines zones de production.
Parallèlement, Kinshasa veut réduire sa dépendance vis-à-vis du marché européen. Des discussions sont en cours avec d’autres partenaires, notamment la Chine, la Malaisie et le Japon, pays à forte consommation de cacao. « Nous devons éviter la dépendance à un seul marché. C’est pourquoi je voyagerai prochainement avec une délégation d’opérateurs congolais pour rencontrer leurs homologues chinois », a indiqué le ministre.
Pour Muhindo Nzangi, l’avenir de l’agriculture congolaise repose sur une transformation en profondeur du secteur : une « révolution agricole agressive », selon ses termes, qui devra concilier ambition économique, respect de l’environnement et ouverture aux marchés internationaux.
Magloire TSONGO

