Mambasa, 10 septembre 2025 – Le territoire de Lubero, au Nord-Kivu, a été endeuillé par une nouvelle attaque attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Dans la nuit du lundi 8 au mardi 9 septembre, le village de Ntoyo, situé à 5 kilomètres de Manguredjipa sur l’axe Butembo-Manguredjipa, a été frappé par une violence inouïe.
Selon Maître Monga Mabanga Julion, fonctionnaire délégué basé à Njiapanda, au moins 71 personnes ont perdu la vie. Les assaillants ont surgi alors que la population participait à une veillée funèbre. Des maisons, des motos et des véhicules ont été incendiés, et plusieurs civils sont portés disparus. Le bilan reste provisoire et pourrait s’alourdir dans les heures qui viennent.
Du côté de la société civile, la consternation est totale. Célestin Baekwa, cadre de la société civile du secteur de Bapere, décrit un carnage d’une ampleur jamais vécue dans le groupement Bapakope. Il appelle les forces conjointes FARDC-UPDF à multiplier les offensives dans la brousse afin de retrouver les otages et de sécuriser la région.
L’attaque de Ntoyo est particulièrement marquante car c’est la première fois que ce village est visé par les ADF. Elle illustre l’extension de l’insécurité dans des zones qui, jusque-là, n’avaient pas connu une telle intensité de violence.
Les conséquences humanitaires sont déjà visibles. Les villages le long de l’axe Njiapanda-Manguredjipa se sont vidés de leurs habitants. Des centaines de familles ont trouvé refuge à Njiapanda et dans le centre de Manguredjipa, dans des conditions précaires. La peur et la psychose gagnent la population, déjà éprouvée par des années d’attaques récurrentes dans le Nord-Kivu.
Cet épisode rappelle une fois de plus la fragilité sécuritaire dans le territoire de Lubero et l’ampleur du défi pour les forces de défense et leurs partenaires régionaux.
Roger KAKULIRAHI

