Mambasa, 15 Septembre 2025 – La nuit du dimanche 14 au lundi 15 septembre a encore été marquée par la violence à Mbau, où une incursion attribuée aux rebelles ADF a coûté la vie à trois personnes et provoqué l’incendie de plusieurs habitations. Selon les témoignages recueillis ce matin, les assaillants ont semé la panique dans l’agglomération, laissant une population traumatisée et sans défense.
Une peur déjà palpable avant l’attaque
Depuis plusieurs jours, une peur grandissante s’installait dans la cité. Samedi déjà, une attaque signalée entre Musuku et Ilange – à environ neuf kilomètres à l’ouest de Mbau – avait poussé de nombreux habitants à quitter leurs quartiers. Des familles entières avaient fui leurs maisons, craignant une nouvelle offensive.
À minuit, des coups de feu retentissaient encore dans plusieurs quartiers de Mbau. Pourtant, aucune intervention militaire n’était visible sur le terrain, une absence qui alimente la frustration et l’incompréhension des habitants. Une source proche des services de sécurité affirme que les groupes qui opèrent actuellement dans la zone ne compteraient pas plus de dix combattants, ce qui interroge sur la faible capacité de réaction des forces armées.
Un état de siège remis en cause
Malgré l’instauration de l’état de siège au Nord-Kivu et en Ituri, les massacres se poursuivent et se multiplient. La société civile locale appelle à une enquête indépendante et à une réévaluation sérieuse de la stratégie sécuritaire dans la région. Elle exige également des explications claires de la part des autorités militaires et administratives, accusées d’inaction face aux alertes répétées.
Pour la population meurtrie, l’urgence est double : stopper l’hémorragie sécuritaire et restaurer la confiance, avant que la cité de Mbau ne se vide entièrement de ses habitants.
Roger KAKULIRAHI

