Mambasa, 19 Septembre 2025– Un nouveau groupe armé dénommé « Union de Jeunes Patriotes (UJP) » menace de s’installer durablement à Mashuwa, dans le territoire de Beni. Après avoir établi son état-major à Mbilinga, ce groupe composé de plus de 150 hommes armés cherche à étendre son emprise sur plusieurs villages voisins. La société civile tire la sonnette d’alarme, tandis que les autorités restent silencieuses face à cette nouvelle menace.
Depuis le mercredi 17 septembre 2025, les habitants de plusieurs localités du groupement Baswagha-Madiwe, dans le territoire de Beni, vivent dans la peur. Un groupe armé récemment apparu, l’Union de Jeunes Patriotes (UJP), affirme venir de Rutshuru pour combattre le mouvement rebelle M23. Cependant, ses intentions réelles soulèvent des doutes dans la communauté locale.
Après s’être installé à Mbilinga, un village situé à la limite des groupements Baswagha-Madiwe et Mwenye, les membres de l’UJP cherchent désormais à élargir leur contrôle vers les villages de Mashuwa, Mambombo et Ngazi-Mabela, dans la localité de Visiki-Mambombo.
Joint par notre rédaction, Justin Paluku Kavalami, président de la société civile du groupement Baswagha-Madiwe, dénonce l’arrivée de ce groupe armé comme une « nouvelle souffrance qui vient s’ajouter aux nombreuses difficultés que connaît déjà la population ». Il appelle les autorités à sortir de leur silence et à fournir des informations claires à la population sur l’identité, les missions et les intentions réelles de ce mouvement.
“Il est urgent que les autorités informent officiellement la population civile sur la provenance, les objectifs et le mode de fonctionnement de ces hommes armés”, insiste-t-il.
Justin Paluku confirme également que certains chefs terriens auraient déjà reçu des menaces de la part de l’UJP. Il redoute une montée des tensions communautaires et une déstabilisation progressive de toute la région si aucune mesure n’est prise rapidement.
Malgré les alertes lancées par la société civile et les habitants, aucune réaction officielle des autorités locales, militaires ou administratives, n’a encore été enregistrée à ce jour. Ce silence est vivement critiqué par les acteurs locaux, qui craignent que cette inaction ne favorise l’enracinement du groupe dans la région.
Roger KAKULIRAHI

