Bunia, 25 septembre 2025- Une vive tension a été observée ce jeudi à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, suite au refus des conducteurs de motos-taxis (taximen) de se conformer à l’obligation d’acheter des casques et gilets de protection, imposée par la mairie.
Rassemblés le long du boulevard de la Libération, ces taximen scandaient le mot “Toboyi” (nous refusons. Ndlr), dénonçant une décision municipale qu’ils qualifient de “forcée et inappropriée” dans un contexte sécuritaire instable.
Interrogés par la presse, plusieurs d’entre eux ont conditionné l’achat des équipements à un retour préalable de la paix dans la ville et ses environs :
“Ils ont envoyé nos représentants, mais nous avons été clairs. Nous n’achèterons rien tant que la paix ne sera pas restaurée. Comment peut-on circuler avec ces casques alors que l’insécurité persiste ?”,_ s’interroge l’un des manifestants.
Sur le terrain, la confusion règne : les agents de contrôle municipaux verbalisent les conducteurs non équipés, pendant que certains motards en colère s’en prennent à leurs collègues déjà en règle, leur reprochant d’avoir acheté les équipements.
“Nous qui avons acheté à temps, nous sommes devenus des cibles. Des collègues ont vu leurs casques cassés et leurs gilets déchirés. Posséder ces objets peut nous coûter la vie”, témoigne un autre taximan.
Cette situation a momentanément perturbé la circulation sur le boulevard de la Libération. Si le calme est revenu en début d’après-midi, les casques et gilets restent peu visibles sur le terrain.
Denis MUNGURIEK AN

