Kinshasa, 30 septembre 2025- Le couperet est tombé. Après plus de deux mois d’audience, la Haute cour militaire a rendu, mardi 30 septembre, son jugement dans le procès historique de l’ancien chef de l’État, Joseph Kabila. Reconnu coupable de trahison et de crimes de guerre, il écope de la peine de mort, assortie d’un mandat d’arrêt immédiat, sans aucune circonstance atténuante.
Selon l’accusation, Kabila aurait tenu les rênes de la rébellion du M23, groupe armé actif dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu depuis 2022, et dont les exactions ont profondément déstabilisé l’Est du pays. L’auditeur général des FARDC l’avait qualifié de “véritable commanditaire” du mouvement.
La juridiction militaire a toutefois rejeté certaines demandes formulées par la partie civile. Ni la saisie des biens de l’ex-président, ni la requalification de la trahison en espionnage qui aurait impliqué sa présumée qualité d’“étranger” n’ont été retenues par les juges.
En revanche, Joseph Kabila devra verser 29 milliards de francs congolais de dommages et intérêts à l’État congolais, partie civile dans ce procès.
Âgé de 54 ans, l’ancien dirigeant avait quitté Kinshasa en janvier 2024. Depuis lors, il n’y a plus remis les pieds. En mai dernier, plusieurs sources l’avaient aperçu à Goma, dans une zone sous contrôle du M23, réputé être soutenu par le Rwanda.
Kabila, qui était président de la RDC pendant 18 ans, vient ainsi d’entrer dans l’histoire judiciaire du pays comme le premier ex-président condamné à mort pour haute trahison et crimes de guerre.
Cédric BEYA

