Mambasa, 9 octobre 2025- Alors que la République démocratique du Congo vit encore au rythme des tensions dans l’Est, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) doit désormais composer avec une réduction forcée de ses moyens financiers. Cette décision, prise au niveau du Secrétariat général de l’ONU, s’inscrit dans un plan d’austérité global imposé à toutes les opérations de maintien de la paix, confrontées à une crise de liquidité inédite.
Selon un haut responsable onusien, la MONUSCO figure parmi les missions concernées par la coupe de 15 % des dépenses, décidée pour une période de neuf mois. Cette mesure vise à éviter un effondrement financier du système tout entier. « Il ne s’agit pas d’une réduction volontaire, mais d’une adaptation à une situation budgétaire critique », a précisé la source.
La mission en RDC, déjà engagée dans un processus de retrait progressif, doit donc réajuster son dispositif alors que le contexte sécuritaire reste instable, notamment à la suite de la reprise des hostilités du M23. « Le plan de retrait du Sud-Kivu avait été négocié, mais les récents événements ont complètement changé la perspective », a ajouté ce responsable, évoquant une suspension de fait du calendrier initial.
Sur le plan global, le Département des opérations de paix de l’ONU fait face à un déficit dépassant deux milliards de dollars pour l’exercice 2025-2026. En cause : des retards et des paiements incomplets de la part de plusieurs États membres. Pour éviter de compromettre la continuité des missions, le Secrétariat a ordonné une réduction immédiate de 15 % des dépenses, équivalant à environ 25 % de la capacité opérationnelle annuelle.
Ces restrictions toucheront toutes les composantes militaires, policières et civiles. Une partie des troupes et de leurs équipements pourrait être rapatriée, tandis qu’une réduction importante du personnel civil est envisagée. Les pays contributeurs de troupes, eux, devront patienter davantage pour recevoir leurs remboursements, désormais retardés jusqu’à un an.
Malgré ces contraintes, le siège des Nations unies promet d’affecter le solde de 680 millions de dollars de contributions américaines à la stabilisation du financement de toutes les missions encore actives. Un geste qui, selon le responsable, « pourrait offrir une petite marge de manœuvre pour maintenir les fonctions critiques ».
Si la MONUSCO est directement affectée, elle n’est pas un cas isolé. D’autres opérations, comme la MINUSCA en Centrafrique, la MINUSS au Soudan du Sud ou encore la mission onusienne à Chypre, subissent la même pression financière. La fermeture récente de la MINUSMA au Mali illustre déjà la fragilité du système.
Pour le haut fonctionnaire onusien, ces plans d’urgence sont indispensables pour “éviter le collapse financier des opérations de paix”. Mais il prévient : sans un financement prévisible et régulier, les missions risquent de perdre leur capacité à répondre efficacement aux mandats du Conseil de sécurité.
En 2024, pas moins de 61 conflits armés étaient recensés à travers le monde, preuve que le maintien de la paix reste, malgré ses défis, “l’un des outils les plus essentiels de la diplomatie multilatérale”.
Roger KAKULIRAHI

