Kinshasa, 8 décembre 2025- Devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès, le président de la République, Félix Tshisekedi, a livré un discours de l’état de la Nation marqué par un ton ferme et une série d’annonces structurantes pour l’avenir de la capitale congolaise. Mobilité, assainissement, urbanisme et extension territoriale. Kinshasa s’impose désormais comme une priorité nationale de gouvernance.
Le chef de l’État a planté le décor en évoquant l’un des maux les plus visibles du quotidien des Kinois. Les embouteillages.
“Nous ne pouvons plus ignorer les embouteillages devenus monstres. Ils épuisent nos familles, freinent la productivité, renchérissent le coût de la vie et affectent l’image même de notre capitale”, a-t-il déclaré sous les applaudissements d’une partie de l’hémicycle.
Pour Félix Tshisekedi, la crise de la mobilité n’est plus un simple désagrément urbain, mais bien un défi national de gouvernance, appelant des décisions urgentes, coordonnées et courageuses.
Le président a ensuite dressé un tableau préoccupant de l’état de l’assainissement à Kinshasa. Obstruction des caniveaux, mauvaise gestion des déchets, pression démographique dans des quartiers surpeuplés. Autant de facteurs qui exposent les populations à des risques sanitaires majeurs.
“Cette situation expose nos populations à des risques sanitaires et environnementaux inacceptables”, a-t-il martelé.
Pour y faire face, le chef de l’État a promis la modernisation complète de la chaîne d’assainissement, la clarification des responsabilités entre les acteurs publics et privés, ainsi que la mise en place d’une tolérance zéro contre les pratiques qui dégradent nos quartiers et menacent la santé publique.
Au cœur des perspectives de transformation figure le vaste projet d’extension de la ville vers la Cité industrielle de Maluku. Le président a annoncé une première phase de 430 kilomètres carrés, dont 75 km² seront engagés dès septembre, avec une mise en œuvre effective à partir de 2026.
Sur cinq ans, pas moins de 2 200 usines devraient y être construites, dont 160 dès 2027, avec un double objectif : désengorger Kinshasa et créer massivement des emplois, tout en améliorant l’accès à l’eau et à l’électricité.
“Il s’agit de repenser l’espace de croissance de Kinshasa pour restaurer la fluidité, la sécurité et la dignité de la vie urbaine”, a expliqué Félix Tshisekedi.
L’Autre annonce phare dans son allocution est l’extension du guichet unique de délivrance des permis de construire, déjà expérimenté à Kinshasa, vers plusieurs grandes villes du pays, notamment Lubumbashi, Kolwezi, Matadi, Kananga, Kisangani et Mbandaka. Cette réforme vise à encadrer l’urbanisation, lutter contre les constructions anarchiques et instaurer un cadre moderne et transparent dans la gestion foncière.
À travers ce discours, le président de la République affirme une volonté claire. Il veut faire de la transformation urbaine un pilier de son action publique. Face aux défis de mobilité, d’insalubrité et de croissance démographique, Félix Tshisekedi entend désormais faire de Kinshasa une capitale moderne, fonctionnelle et digne de son statut.
Reste désormais à traduire ces annonces en actions concrètes, dans un contexte où l’impatience sociale reste forte et où les attentes de la population sont immenses.
La rédaction

