Bunia, 24 janvier 2026- Les affrontements armés qui ont secoué le territoire de Fizi et ses environs, dans la province du Sud-Kivu, depuis la fin du mois de décembre 2025, ont engendré une grave crise humanitaire.
Le nombre de blessés par armes hospitalisés à l’Hôpital général de référence de Fizi a quadruplé, contraignant le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à installer des tentes supplémentaires afin d’augmenter la capacité d’accueil du service dédié aux blessés.
Selon le docteur Richard Lwandja, médecin à l’hôpital de Fizi, la majorité des patients arrivent avec des blessures déjà infectées, conséquence d’une prise en charge tardive. Les structures de santé périphériques, souvent paralysées par les combats et l’insécurité, peinent à fonctionner, empêchant ainsi les blessés de recevoir des soins appropriés à temps.
“Au 18 janvier 2026, nous comptions 115 blessés hospitalisés, alors que l’hôpital ne dispose que d’une capacité initiale de 25 lits. La plupart des nouveaux cas arrivent avec des blessures infectées en raison d’une prise en charge retardée. Beaucoup n’ont pas pu bénéficier de soins de stabilisation adéquats dans les structures de santé périphériques par lesquelles ils sont passés”, déplore le docteur Richard Lwandja.
Face à cette situation, le CICR a déployé une équipe chirurgicale d’urgence pour appuyer le personnel médical local. Toutefois, les défis restent nombreux. Les évacuations médicales sont souvent compliquées, notamment en raison des difficultés d’accès et du retard dans l’obtention des garanties de sécurité nécessaires pour les équipes humanitaires.
“Il arrive que nos équipes mettent plusieurs heures pour atteindre les zones d’évacuation, surtout lorsque les garanties de sécurité ne sont pas obtenues à temps. Or, chaque minute compte pour sauver la vie des blessés”, explique Wendy Fleury, cheffe de la sous-délégation du CICR à Bukavu.
Le CICR rappelle aux parties au conflit leur obligation, en vertu du droit international humanitaire, de faciliter l’accès aux soins de santé et aux fournitures médicales essentielles.
La situation demeure extrêmement préoccupante. Le CICR affirme poursuivre ses efforts et son dialogue avec les acteurs concernés afin de préserver l’espace humanitaire et de garantir un accès humanitaire sûr, rapide et efficace aux populations affectées.
Denis MUNGURIEK AN

