Kinshasa, 6 mars 2026- L’opposant congolais Jean-Marc Kabund a vivement réagi au débat relancé autour d’une éventuelle révision ou d’un changement. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le président du parti Alliance pour le Changement (A.Ch) accuse le pouvoir de vouloir détourner l’attention des véritables urgences nationales et de repousser la tenue d’un dialogue politique inclusif.
Cette sortie intervient alors que plusieurs responsables politiques ont récemment ouvert la discussion sur les 20 ans de la Constitution congolaise, certains caciques de la majorité estimant qu’une modification, voire un changement du texte fondamental, pourrait être envisagé. Une position qui ne fait toutefois pas l’unanimité au sein de la classe politique. Le deuxième vice président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo et membre du présidium de l’union sacrée, s’est notamment opposé à cette idée.
Dans son tweet, Jean-Marc Kabund critique vivement ce débat qu’il juge déconnecté des priorités du moment.
“Relancer le faux débat sur le changement de la Constitution pour détourner l’attention des vrais problèmes du pays et repousser le dialogue politique inclusif, pendant que nos compatriotes meurent dans une guerre injuste, est moralement inacceptable et politiquement irresponsable”.
L’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale estime que la priorité devrait être la recherche d’un consensus politique national afin de faire face aux défis sécuritaires que traverse le pays, notamment dans sa partie orientale.
“Ceux qui retardent ce dialogue porteront la responsabilité historique de n’avoir pas agi à temps pour arrêter les massacres dans l’Est de notre pays et celle de la complicité dans l’occupation de notre pays par le Rwanda”.
Dans son message, le leader de l’Alliance pour le Changement a également dénoncé ce qu’il considère comme une situation d’annexion de fait d’une partie du territoire national.
“Nous tenons à rappeler à notre peuple que, pendant que ce débat irresponsable se tient au sommet de l’État, une partie du territoire national connaît une annexion de fait par le Rwanda. Pathétique !”.
Depuis plusieurs jours, la question d’une éventuelle révision constitutionnelle alimente les discussions dans les milieux politiques congolais. Tandis que certains acteurs de la majorité évoquent la nécessité d’adapter le texte après deux décennies d’application, l’opposition et plusieurs voix critiques estiment que ce débat risque de raviver les tensions politiques dans un contexte déjà marqué par l’insécurité persistante dans l’Est du pays.

