À Kinshasa, la crise du transport en commun atteint un niveau critique. La cessation de travail des chauffeurs de taxis-bus, taxis, taxi-motos et bus urbains plonge des milliers de travailleurs, d’élèves et de commerçants dans de sérieuses difficultés sociales, économiques et humanitaires, faute de moyens de déplacement accessibles.
Un bras de fer entre chauffeurs et autorités provinciales
Chardin Ngoie, Président et Délégué Général de la Mutuelle pour la Solidarité des Chauffeurs au Congo (MSCC / ASDT ASBL), souligne que les revendications des chauffeurs sont légitimes et appelle le Gouvernement provincial à assumer pleinement ses responsabilités dans la gestion du secteur des transports urbains.
Selon lui, ce conflit découle d’un manque de dialogue, de tracasseries répétées sur la voie publique et d’une mauvaise application des textes légaux régissant la régulation routière à Kinshasa.
Revendications sociales, professionnelles, sécuritaires et humanitaires
Les chauffeurs dénoncent notamment :
- Les abus de certains agents de contrôle routier,
- Les interpellations arbitraires et mises en fourrière irrégulières,
- L’absence de concertation avec les organisations professionnelles,
- La pression administrative excessive sur les exploitants de transport,
- L’insécurité persistante sur plusieurs axes routiers.
La MSCC et la coalition Alliance des Associations des Chauffeurs Professionnels affirment avoir transmis des correspondances officielles aux autorités la semaine dernière, accompagnées d’un cahier de charges clair pour ouvrir des discussions responsables et préserver la paix sociale.
L’incident du bus TRANSCO : une humiliation de trop
Chardin Ngoie condamne l’interpellation et la mise en fourrière d’un bus de la société publique TRANSCO sur le boulevard Lumumba, dans l’Est de la ville. Pour lui, cet incident constitue :
- Une humiliation grave,
- Un dysfonctionnement de la mission mixte de régulation routière,
- Une preuve du désordre administratif qui règne dans le secteur des transports.
Il exige des sanctions contre les responsables, la clarification des compétences des services de contrôle et la requalification légale de la mission mixte conformément au Code de la route.
“Celui qui fait sans nous fait contre nous”
Le Président de la MSCC regrette que les organisations professionnelles n’aient pas été associées en amont aux décisions prises par l’autorité provinciale.
Il rappelle que aucune réforme sérieuse du transport urbain à Kinshasa ne peut réussir sans l’implication :
- Des chauffeurs professionnels,
- Des exploitants,
- Des associations de la corporation,
- Des experts du secteur,
- Et des usagers.
Appel à l’implication du Chef de l’État
Face à la gravité de la situation, Chardin Ngoie, la MSCC / ASDT ASBL et l’Alliance des Associations des Chauffeurs Professionnels recommandent l’implication personnelle du Président de la République, Félix Tshisekedi, afin de favoriser un dialogue sincère entre :
- Le Gouvernement central,
- Le Gouvernement provincial de Kinshasa,
- Les services de sécurité,
- Les organisations professionnelles des chauffeurs.
Objectifs :
✔ Rétablir la circulation normale et reconnaître le mérite des chauffeurs professionnels
✔ Éviter la souffrance de la population
✔ Garantir la paix sociale et protéger le métier noble de chauffeur taxi
✔ Réorganiser durablement le secteur des transports routiers à Kinshasa avec un investissement en urgence
La crise actuelle démontre une fois de plus que le transport en commun à Kinshasa reste fragile, mal coordonné et trop souvent géré sans concertation. Tant que le dialogue ne sera pas instauré dans le respect des textes légaux, la population kinoise continuera à subir la seule ligne qui fonctionne toujours : “la ligne 11 “marche à pied”.

