Tribune n°86 : “La grande illusion de la puissance militaire rwandaise. Comment l’infiltration et la trahison ont longtemps affaibli l’État congolais  et pourquoi cette époque touche à sa fin” ( Par l’ambassadeur Pca Jean Thierry Monsenepwo)

Pendant longtemps, un récit s’est imposé dans le débat international : celui d’une armée rwandaise supposément irrésistible, capable à elle seule de faire vaciller l’État congolais et ses Forces armées. Ce récit a été répété, amplifié, presque sacralisé dans certains milieux diplomatiques et médiatiques.

Mais toute analyse sérieuse des conflits contemporains démontre une vérité bien différente : aucune armée étrangère ne peut durablement avancer sur le territoire d’un État sans complicités internes.

La véritable force de l’appareil militaire rwandais n’a jamais été militaire. Elle reposait sur un levier beaucoup plus redoutable : l’infiltration et la trahison de certains des nôtres.

Pendant des années, des mécanismes présentés comme des instruments de stabilisation — les fameux brassages et mixages — ont été utilisés pour fragiliser l’architecture de commandement de notre armée. Sous couvert d’intégration et de paix, ces dispositifs ont ouvert des brèches dans lesquelles se sont engouffrées des stratégies d’infiltration patiemment construites.

1. C’était le ver dans le fruit de l’État.

Les conséquences ont été lourdes. Très lourdes pour nos populations.

Des positions ont été abandonnées, des villes ont été perdues, et l’ennemi a souvent avancé avec une facilité qui a nourri l’illusion d’une supériorité militaire.

Mais la vérité stratégique est ailleurs : ce n’était pas un problème de soldats, c’était un problème de commandement.

Le soldat congolais n’a jamais manqué de courage.

Ce qui a parfois fait défaut, c’est la fiabilité de certaines chaînes de décision.

Or, l’histoire militaire est formelle : lorsqu’une armée est infiltrée dans ses structures de commandement, aucune bravoure individuelle ne peut compenser durablement cette fragilité.

2. Mais les temps changent.

Depuis que l’État congolais a décidé de restaurer l’autorité et la loyauté au sein de ses institutions sécuritaires, depuis que des individus impliqués dans des actes de trahison ont été identifiés, arrêtés et mis hors d’état de nuire par nos services de sécurité et par la justice militaire, une réalité nouvelle s’impose progressivement.

Les villes ne tombent plus comme auparavant entre les mains de l’ennemi.

Certes l’ennemi se cache derrière le respect du cessez le feu mais tous savons qu’il ne respectent rien. Ce qu’il ne dit pas est que depuis peu ils mordent la

Poussière et les cimetières au Rwanda ne font que se remplir des pauvres jeunes mort pour une cause moins noble.

Ce simple fait devrait suffire à éclairer le débat.

Il prouve que lorsque la chaîne de commandement est saine, lorsque la discipline est restaurée et lorsque l’État reprend pleinement le contrôle de ses instruments de défense, l’armée congolaise tient ses positions et protège la nation.

Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, avait très tôt identifié ce danger stratégique. Sa volonté de remettre de l’ordre dans l’armée, de rompre avec certaines pratiques héritées du passé et de restaurer la souveraineté de l’État sur ses forces de défense n’était pas un choix circonstanciel.

3. C’était une nécessité historique…

Bien sûr, certaines organisations non gouvernementales s’émeuvent aujourd’hui des arrestations opérées dans ce cadre. Mais la sécurité d’un État ne se gère ni par slogans ni par approximations. Lorsqu’il s’agit de protéger l’intégrité territoriale et la vie de millions de citoyens, la responsabilité première d’un État est d’assurer la loyauté de ses institutions.

C’est une règle universelle de la science politique comme du droit international.

Oui, le ver était dans le fruit.

Et ce ver nous a fait mal. Très mal.

Mais les nations qui survivent sont celles qui savent identifier leurs failles et les corriger.

Aujourd’hui, la République démocratique du Congo est en train de refermer cette page sombre de son histoire. Elle le fait avec lucidité, avec fermeté et avec la détermination d’un peuple qui refuse de voir sa souveraineté confisquée.

La RDC n’est plus l’État fragile que certains croyaient pouvoir manipuler à distance, comme ce fut malheureusement le cas durant des décennies. Et ce, grâce à des relais placés à tous les niveaux, via des mixages, brassages et conciliations bizarres…

Elle redevient ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être :

une nation debout, consciente de ses failles, mais déterminée à défendre son destin.

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