Beni, 18 Mars 2026- La grogne monte parmi certains députés provinciaux du Nord-Kivu qui dénoncent une situation devenue intenable. Impayés depuis plus de huit (8) mois, ces élus affirment vivre dans une précarité extrême, sans perspective immédiate de régularisation de leurs émoluments. Plusieurs d’entre eux se disent aujourd’hui à bout.
Selon des sources proches des élus, certains députés sont menacés d’expulsion de leurs maisons de location, faute de pouvoir honorer leurs loyers. D’autres confient avoir recours à l’endettement pour subvenir à leurs besoins les plus élémentaires.
La situation est d’autant plus critique que plusieurs de ces parlementaires sont eux-mêmes déplacés internes. Ils ont fui la ville de Goma après sa chute entre les mains des rebelles de l’AFC/M23, ce qui agrave ainsi leur vulnérabilité sociale et économique.
Ces difficultés surviennent alors que la province du Nord-Kivu est placée sous état de siège depuis près de cinq ans. Un régime d’exception censé rétablir la sécurité, mais qui, selon certains observateurs, a également contribué à désorganiser le fonctionnement normal des institutions provinciales, notamment en matière de gestion administrative et financière.
Face à cette crise, le gouvernement congolais avait récemment annoncé la recherche d’un prêt de 50 millions de dollars pour faire face au paiement des agents publics. Mais sur le terrain, les retombées concrètes tardent à se faire sentir, laissant de nombreux fonctionnaires, dont les députés provinciaux, dans l’attente.
Pour ces élus, l’urgence est de retrouver une stabilité financière minimale et voir leurs conditions de travail améliorées dans une province toujours en proie à l’insécurité.
Magloire TSONGO

