Kinshasa, 18 mars 2026- À Kinshasa, la crise interne au sein du regroupement AFDC-A prend une tournure décisive. Après la démission de Modeste Bahati de son poste de 2ᵉ vice-président du Sénat, les députés nationaux membres du groupe parlementaire AFDC-A ont publié une déclaration politique marquant clairement leur rupture avec leur autorité morale.
Dans ce document rendu public le 18 mars 2026, les élus dénoncent les propos tenus récemment par leur président national lors d’une conférence de presse.
Ils regrettent des déclarations “marquées par une légèreté grave”, estimant qu’elles ont inutilement remis en cause la loyauté du regroupement envers le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, et l’Union Sacrée de la Nation.
Souhaitant lever toute ambiguïté, les députés précisent que ces propos “n’engagent que leur auteur” et ne reflètent en rien la position officielle du groupe parlementaire. Ils réaffirment ainsi leur fidélité “indéfectible” à la majorité présidentielle et à sa Haute Autorité politique, dans un contexte où les tensions internes deviennent de plus en plus visibles.
Cette déclaration s’inscrit dans la continuité du désaveu déjà exprimé par les sénateurs AFDC-A, qui avaient auparavant pris leurs distances avec les sorties médiatiques de leur leader. Les députés nationaux emboîtent le pas, appelant à leur tour les membres du gouvernement, les mandataires publics ainsi que les députés provinciaux issus du regroupement à clarifier leur position et à réaffirmer leur loyauté.
Par ailleurs, les signataires déplorent l’absence de démenti formel de Modeste Bahati dans les mêmes conditions médiatiques que celles utilisées pour tenir ses propos. Une attitude qu’ils interprètent comme la confirmation d’une position assumée, en décalage avec la ligne politique de la majorité.
Enfin, les députés saluent les efforts diplomatiques du Président Félix Tshisekedi, notamment ceux ayant conduit aux Accords de Washington et aux récentes sanctions américaines visant l’armée rwandaise et certains de ses hauts gradés, dans le contexte sécuritaire à l’Est du pays.
Cette nouvelle sortie confirme l’isolement croissant de Modeste Bahati Lukwebo au sein de sa propre famille politique et laisse entrevoir de possibles recompositions au sein de la majorité présidentielle.

